12/06/2008

La dichotomie gauche/droite est-elle encore pertinente ?

Dans une société économiquement développée, la dichotomie gauche/droite est obsolète.

 

Historiquement, cette dichotomie en politique est originaire de la révolution française de 1789.

 

À l’Assemblée Nationale ceux des députés qui favorisaient le roi siégeaient du coté droit et ceux qui s’y opposaient, du coté gauche.

 

Depuis ce concept s’est étendu à toutes les démocraties.

 

 

Aujourd’hui pour assurer une simplification de lecture, les medias nourrissent et favorisent cette dichotomie, mais les valeurs de droite (l’ordre, le travail, la famille et la responsabilité individuelle) et celles de gauche (la justice sociale, l’égalité, et la solidarité) sont largement partagées par la majorité des citoyens.

 

Et si je comprends la volonté des medias à favorisé une simplification de lecture en maintenant une dichotomie ;

 

pourquoi pas une dichotomie Progressistes/Conservateurs ?

 

22:01 Écrit par Charly Schwarz dans Politique | Lien permanent | Commentaires (12) | |  Facebook

Commentaires

Ce n'est pas faux, Charly, mais le problème, c'est que la définition du conservatisme, ou du progressisme, est loin d'être la même pour tout le monde.

Écrit par : Philippe Souaille | 12/06/2008

Bonjour, La définition de gauche ou de droite n'est pas la même non plus pour tout le monde. Cela dit ce qui distingue la droite de la gauche, c'est le rapport à la propriété, à droite elle tend à être absolue et marchande, à gauche elle tend à être commune et planifiée. Quant au conservatisme, il peut être de gauche comme de droite, puisqu'il s'agit fondamentalement de rester assis sur ses droits acquis, tandis que le progressisme qualifie une volonté de changement vers un mieux être. Qu'en est-il de la dichotomie idéalisme/pragmatisme? Et de quel mot user pour dire la dichotomie de l'écologisme? Bonne journée

Écrit par : JF Mabut | 13/06/2008

Voilà le débat lancé !

Et je me réjouis de pouvoir également y contribuer.

En réponse à Philippe Souaille, je tiens à souligner qu’avant de s’exercer au difficile travail de définition, il serait intéressant de réfléchir sur les valeurs Progressisme et Conservatisme.

Que représentent-elles pour les personnes qui se définissent de droite ou de gauche ?

Écrit par : Charly Schwarz | 13/06/2008

En réponse à JF Mabut, sur l’’écologie
L’écologie ne souffre d’aucune dichotomie… Si à son début le mouvement écologiste se définissait « ni de droite, ni de gauche », j’ai toujours défendu la thèse que l’écologie est de droite et de gauche.
Malheureusement, le manque d’expérience politique des fondateurs du mouvement à laissé les représentants de groupuscules trotskystes et maoïste en prendre le contrôle, et par opportunisme électoral l’aligner à gauche.


Et pour renforcer mes convictions exprimées en amorce de ce débat relatif à l’obsolescence du paradigme droite / gauche, il faut constater qu’à Genève les valeurs de gauche comme la solidarité et le droit au logement sont portées par des « ministres » de droite et les valeurs de droite, comme la sécurité et les finances, par des « ministres » de gauche.

Écrit par : Charly Schwarz | 13/06/2008

Pour continuer à enrichir le débat et répondre à JF Mabut à la question
« Qu'en est-il de la dichotomie idéalisme/pragmatisme? »,
je me permets de vous renvoyer à l’essai de Régis Debray :

Supplique aux nouveaux progressistes du XXIe siècle (Gallimard)

Écrit par : Charly Schwarz | 13/06/2008

De plus en plus le schéma traditionnel gauche/droite est pris en défaut, effectivement.

A mon avis, une dichotomie grandissante est celle-ci: populaire/élitiste. On aurait donc (de droite à gauche): la droite populaire (faussement appelée "extrême-droite"), la droite bourgeoise, la gauche bourgeoise (ou caviar) et la gauche populaire (faussement appelée "extrême gauche"). Soit une règle des "quatre-quarts".

On a déjà vu récemment cet antagonisme à l'oeuvre, et on va encore l'observer prochainement, notamment sur les sujets européens. On pourra certainement aussi observer ce phénomène avec le vote irlandais de ce jeudi.

Écrit par : Fufus | 13/06/2008

La dichotomie populaire/élitiste fait plus référence au domaine culturel qu’à celui de la politique.
On retrouve cette dichotomie dans le cinéma, la littérature, le théâtre, et même au niveau des dictionnaires : le Robet est considéré « élitiste », tandis que le Larousse est « populaire »

Écrit par : Charly Schwarz | 13/06/2008

C'est un point de vue. Mais c'est une vision partielle des choses.
Car tout est politique, ou "peut être vu sous l'angle de".

Écrit par : Fufus | 13/06/2008

Au-delà des points de vue, l’exercice, ici, est de trouver une proposition de définition d’une dichotomie différente que celle imposée par le monde médiatique.
Pour rappel, cette dichotomie (droite/gauche) ne représente plus les forces d’un nouveau monde en construction.

Écrit par : Charly Schwarz | 13/06/2008

Pour revenir à ce que disait M.Mabut, et si j'interprète correctement sa dernière phrase, on peut ajouter cette dichotomie: personnes sensibles à l'écologie/personnes insensibles à l'écologie. Bien-sûr, ce n'est aussi qu'une dichotomie simplificatrice car il existe toute une palette de nuances de sensibilités.

Concernant le progressisme/conservatisme: comme l'a dit M.Souaille, c'est subjectif. Le progrès, c'est ce qui va dans mon sens, le sens de mes intérêts et de mon idéal. Mais le mieux est l'ennemi du bien: ça peut paradoxalement être un progrès que de conserver une situation en l'état plutôt que de la déteriorer.

Le vrai problème, c'est peut-être plus la simplification des médias gratuits. Car à quoi bon remplacer une dichotomie par une autre dichotomie ? En restant simpliste, on ne peut pas expliquer correctement une situation complexe. D'un autre côté, il reste des médias payants qui traîtent, à mon avis, correctement l'information. Le tout est de savoir si être correctement informé mérite que l'on mette la main à la poche.

Écrit par : Fufus | 14/06/2008

Comme le montrent ces débats, on peut tracer plusieurs oppositions plus ou moins pertinentes. On peut aussi distinguer les doctrinaires des pragmatiques, les démagogues des nuancés, les anciens des nouveaux. En tant que partisan d'un Centre honorable, ouvert et si possible intelligent (ou essayant de l'être), je suis peu sensible aux notions de droite et gauche, moins encore aux classifications artificielles qu'elles induisent.

En plus, les catégories figent les fronts politiques et obligent certains à soutenir des positions qu'au fond, ils désapprouvent pour en combattre d'autres qu'ils pourraient trouver intéressantes, en l'état ou après modification. Gauche et droite pour simplifier, d'accord, mais simple ne veut pas dire clair.

Écrit par : Rolin Wavre | 15/06/2008

Cette dichotomie reste illusoire, si ce n'est dans la bouche d'idéologues arrivistes, qui prennent des vessies pour des lanternes, dans le but de troper les électeurs. Il est étonnant de constater à quel point les élus jouissant de pouvoirs décisionnels peinent à de concilier le principe du socialisme avec son exigence de justice, et le principe du libéralisme avec son exigence de liberté (ce qui n'a évidemment rien à voir le social-démocratique ou la notion absurde de libéral social).

De part et d'autre des deux camps, on compte tellement d'inepties qu'on peut déplorer le manque de sagesse élémentaire dans les pouvoirs décisionnels, obsédés plus par les utopies que par la recherche de réelles solutions.

Écrit par : Micheline Pace | 17/06/2008

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