03/07/2008

Constitution : art. 1 Démocratie représentative ou participative ?

A son article premier, la Constitution genevoise de 1847 nomme son mode de fonctionnement  « démocratie représentative » et érige ainsi un simple régime en un système politique.

 

En « démocratie représentative » (aussi appelée "aristocratie élective") le citoyen délègue son pouvoir à des représentants qui incarnent la volonté générale. Ils votent les lois.

 

Mais les limites de la démocratie représentative sont nombreuses :
Insuffisance de représentativité, les représentants élus ayant tendance à ne pas être représentatifs du corps électoral (niveau des revenus, d'instruction, classes sociales différents). La composition socioprofessionnelle des députés en étant une assez bonne illustration. Dès lors, les intérêts des élus ne coïncident pas nécessairement avec ceux de leurs électeurs.


Il est bien souvent difficile à un candidat de remporter des élections sans se présenter au nom d'un parti politique. Dès lors le représentant politique risque de devoir agir à l'encontre de ses convictions pour être en conformité avec la ligne directrice de son propre parti, même si bien souvent il s'agit de compromis secondaires.
On peut dès lors constater une forte abstention des électeurs et d'une tendance à la concentration des forces politiques et à terme le bipartisme.

Aujourd'hui, libérés des contraintes organisationnelles grâce aux nouvelles technologies, nous pouvons imaginer bien d'autres moyens de recueillir l'opinion des gens et d'en faire bon usage. L'électronique simplifie à la fois le recueil de suffrages et le dépouillement, instantané.

L'internet permet à des groupes de pression citoyens de se constituer pour faire face aux lobbys.

 L'initiative citoyenne prend ainsi tout son sens, et la volonté populaire toute sa dimension.

Une réelle démocratie participative nécessite d’être institutionnalisée tout d’abord et surtout en termes de reconnaissance officielle de sa portée, de son rôle.

 

Il faut que cette institutionnalisation soit manifestée et reconnue constitutionnellement et prévoir les acteurs précis de la démocratie participative :

le pouvoir politique – le pouvoir économique – le pouvoir de la société civile.

 

Il s’avère nécessaire de prévoir également d’une manière juridique l’articulation entre ces trois piliers de gestion de la société humaine.

Il s’agira donc de la participation à un processus d’élaboration de la décision qui va au-delà de la consultation ou de la concertation. Les deux notions de démocratie "représentative" et/ou "participative" seront au cœur des débats de la nouvelle constitution…

 

A n’en pas douter !

22:55 Écrit par Charly Schwarz dans Associations, Economie, Genève, Histoire, Politique, Solidarité | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook

Commentaires

Votre analyse des deux systèmes, représentatif ou participatif est très judicieuse. En effet la démo. reprsentative engendre des dérives de toutes sortes de :

Classe dirigeante d'apartchiks qui sont totalement déconnecter des réalités populaires. (ex-URSS)
Monarchie institutionnelle type élective ( Sarko et la France)
Démocratie représentative autocrate ( Couchepin et la Suisse)
Bref la liste n'est pas exhaustive des faiblesses de ce système qui a fait son temps...
Il est temps de replacer l'Humain au centre des débats politiques. Les comités citoyens sont la meilleur preuve du dynamisme politique et des convictions populaires de notre Nation. Ils sont le seuls contre-poid aux toutes puissances de nos députés-monarques.
il est vrai que le web a permis le foisonnement des idées et rendu accessible en un clic les échanges entre personnes. Mais le virtuel ne saurait remplacer l'Action, qui elle s'inscrit belle et bien dans le réèl...

Merci pour votre billet qui éveillera je l'espère les mentalités...

Comité Alerte

Écrit par : Comité Alerte | 04/07/2008

Si nous voulons vraiement que la démocratie survive, c'est clairement le renforcement des moyens du Peuple auquel nous devrons vouerles travaux de Constituante.

L'art.1 al.2 actuel est pourtant clair. Tous les pouvoirs dans la République de Genève, ne sont qu'une délégation de la suprême autorité du Souverain.

Malgré un énoncé simple et limpide on doit faire le constat que le "pouvoir" se rit du texte et à tout le moins de son sens.

C'est pourquoi j'ai proposé en 2005 dans notre projet de Constitution la mise en place de l'Initiative destitutive. Elle permettra au Peuple de congédier des gouvernants qui ne seraient soit pas à la hauteur de ses espérances soit qui lui auraient menti pour recueillir les suffrages de la majorité d'entre nous.

Une façon très démocratique de contraindre ces gouvernants bien trop souvent méprisants à respecter ceux grâce auxquels ils sont en place.

Cette démocraite-là sera réellement participative.

Quant à la démocraite représentative, elle permet tellement de dérives qu'elle doit tout simplement disparaître.

Les plus farouches adversaires de ce principe sont ceux qui considèrent que le peuple ne leur utile QUE pour accéder au Pouvoir. Les marxistes, une fois en place, ont même pour habitude de le baillonner une fois qu'ils l'on conquis (le pouvour bien entendu!).

Bonne réflexion par ailleurs cher Charly!

Cordialement,
Patrick Dimier
Mouvement "CHANGER GENEVE"

Écrit par : patrick dimier | 06/07/2008

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