23/09/2008

Droite / Gauche : nouvelles lignes de fracture

Genève, comme de nombreuses sociétés, est marquée par un profond mouvement de prise de distance par rapport aux allégeances politiques traditionnelles.

 

Ce mouvement affecte la pérennité des choix politiques ancrés dans de fortes appartenances à la droite ou à la gauche.

 

Au plan idéologique, le vieux clivage gauche-droite qui structure depuis des décennies les choix et les orientations politiques des Genevois connaît une crise profonde.

 

Si une majorité de citoyens se sent appartenir à la gauche ou à la droite, cela ne veut pas dire pour autant que ces catégories soient  pertinentes pour comprendre les prises de position des partis.

 

Au plan social, une forte bipolarité entre la classe ouvrière et la bourgeoisie, dans les décennies 50/70, sous-tendait la vieille opposition gauche-droite.

 

Depuis, au schéma classique de lutte entre deux classes, se sont substitués plusieurs clivages traversant toute la société : sécurité et insécurité, ménages à un salaire et ménages à deux salaires, accès différenciés à la culture et aux ressources distribuées par l’État providence.

 

Ce mouvement de différenciation s’accompagne d’un développement des classes moyennes salariées (cadres moyens et supérieurs) qui dépassent maintenant le poids des couches ouvrières dans la population active.

 

 

Le processus d’embourgeoisement que connaît la gauche contribue beaucoup à rendre de plus en plus indistinct le clivage gauche-droite.

 

 

 

Autre repère sensible, celui de l’inscription des divisions politiques dans des territoires fortement typés.

 

Les mutations de l’appareil productif, l’étalement du phénomène d’urbanisation et l’accélération des déplacements ont entraîné une société de mobilité et de circulation permanentes.

 

Ce déplacement des fondements territoriaux, sociaux et idéologiques de la représentation politique a provoqué un profond malaise démocratique et un brouillage des repères. Les vieilles cultures politiques voient leur hétérogénéité interne se renforcer et, en même temps, les différences entre elles s’atténuer.

 

L’univers de la droite est traversé d’une profonde fracture entre les références de la droite classique et celles de l’extrême droite.

 

La constellation de la gauche est fragmentée en plusieurs cultures dans lesquelles le degré de " libéralisme culturel " ou la volonté de réforme vigoureuse des structures économiques varient profondément.

 

La culture de gauche est travaillée par le libéralisme et l’ouverture de l’économie aux grands vents de la mondialisation, tandis que la culture de droite ne renie pas l’État et la protection sociale.

 

 

L’élection à la Constituante cherche à rejouer le grand scénario de l’affrontement gauche-droite mais il n’est pas sûr que les électeurs s’y retrouvent aussi aisément que la classe politique.

 

07:06 Écrit par Charly Schwarz dans Général, Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (7) | |  Facebook

Commentaires

Le clivage gauche-droite comme vous semblez le penser est un peu le lot des politiciens qui nous gouvernent aujourd'hui à Genève et pour ma part j'aspire à autre chose.

Nous misons sur les jeunes générations mais la gouvernance telle qu'elle est organisée fait retomber les futurs élus dans ce travers.

Si l'on veut que la Constituante ne soit pas une léger "lifting" et aboutisse à une certaine réalité d'une société qui aspire tout de même à des changements notoires de prise de décisions, des modes de gouvernance différents et des effets rapides et aboutis sur son territoire, cela ne peut se faire que si un nombre important de représentants de la société civile y a accès sinon cette constituante coûtera très cher en temps(4 ans) et en argent pour un résultat médiocre. Ma préférence ira à ces personnes de la société civile.

Écrit par : demain | 23/09/2008

Texte (je ne dis pas jargon) intéressant, mais qui, je le crains, n'est lisible que par les élites culturelles. Comment s'étonner que les voix dites populistes attirent plus d'auditeurs ... donc de votants?

Écrit par : Mère | 23/09/2008

Ma Chère Mère,
Faut-il renoncer à la richesse de la langue française pour être lu et entendu ?

Écrit par : charly schwarz | 23/09/2008

pour demain,
ces personnes se sont rassemblées sur la Liste 18

Écrit par : charly schwarz | 23/09/2008

Merci Charly, j'en prend bonne note et passe le message plus loin....

Écrit par : demain | 23/09/2008

Cher Charly,
Mon commentaire ne concernait pas le texte de "demain", mais l'article principal. Quand à la richesse de notre langue, soyez assuré qu'elle m'importe autant qu'à vous. Je sais aussi que lorsque l'on est spécialiste d'un domaine, habitué en outre à s'adresser à un lectorat d'initiés, il est difficile de se départir du vocabulaire et des tournures propres à ce domaine, surtout si cela entraîne quelques sacrifices en ce qui concerne la subtilité du propos. Mon soucis est cependant d'inviter tous ceux dont c'est le métier, ou du moins le désir, d'informer et de convaincre un large publique de citoyens, comme les journalistes, les sociologues, les politiques et autres intellectuels, de faire un effort d'efficacité en s'imposant cette discipline et en acceptant, à l'occasion, ce petit sacrifice.

Écrit par : Mère | 23/09/2008

Chère Mère,
J'espère vous avoir entendu.

Écrit par : Charly Schwarz | 23/09/2008

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