07/12/2008

La démocratie de concordance a vécu !

La démocratie de concordance est la cause et la conséquence de la faiblesse idéologique des partis et de leur capacité réduite de mobilisation.

Elle favorise des institutions, des pratiques et des ententes néo-corporatistes; elle est responsable de l'abstentionnisme et d'un certain immobilisme politique.

Dans un système nécessitant un large soutien, la seule opposition durable est celle de partis non associés au pouvoir.

Aujourd’hui, quand les partis négligent un problème urgent, celui-ci tend à provoquer la création de mouvements civiques d'opposition, de partis spécialement formés pour l'occasion, voire de courants dissidents au sein des partis gouvernementaux.

10:10 Écrit par Charly Schwarz dans Général, Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook

Commentaires

Cher Charly,

Totalement d'accord avec vous! Comme vous le savez nous (CHANGER GENEVE) défendons la démocratie participative comme clé d'une réelle évolution hors des aprioris et des préjugés à 2 balles dont la gauche caviar est truffée (elle a tellement de moyens qu'elle peut se payer les truffes).

Pardonnez-moi la facilité mais je passe le billet que j'ai posé sur le blog de Pascal Décaillet. En vous remerciant une fois encore pour vos contributions!:



Si le Parlement devait devenir l'un des salons prisés de la ville où l'on évoque la crise en s'en gaussant car elle ne vous atteint point ou encore l'un de ces cercles où l'on refait le monde plus vert et plus juste, bien à l'abri que quelque fonction publique grassement rémunérée, alors nous ne serions plus à Genève.

Le MCG est un mouvement qui défend la base que l'ensemble de ceux qui s'appuient sur elle pour être élus ont oubliée, parfois piétinée et souvent égratignée.

Comme vous le dites, certes avec une légère condescendance d'homme lettré, ces députés fréquentent plus volontiers les vestiaires de rugby que les cours de Nadine de Rothschild, mais ils ont surtout un très grand avantage sur ceux qui les ont provoqué hier soir. Ils tiennent parole et remplissent le mandat que le Peuple leur a confié.

Ils ont une tenacité et un sens de l'honneur dont le commis branché ne peut se targuer.

Que le président interrompe la séance soit, qu'il calme les esprits, soit mais surtout et avant tout qu'il respecte le règlement ce qu'il n'a manifestement pas fait. Il devait précéder son ukase d'expulsion d'une mise en garde. Ce geste, vu le nombre de dagues sorties des fourreaux s'imposait.

Mais pour cela il faut avoir du panache et de la hauteur, comme l'eut en son temps un certain Halpérin qui ne se serait pas laissé abuser par cette joute orale, parfois si nécessaire à la théatralité républicaine.

Ceux qui veulent des échanges lénifiants se trompent de jour et de lieu, pour cela il faut se rendre juste à côté, dans une grande bâtisse ornée de deux tours et où un austère prédicateur les accueillera. L'art politique n'est pas celui de plaire, aimait dire Mitterand, mais de faire. Et dans ce registre, depuis 2005 la députation MCG fait un sacré ménage.

Mais le plus bizantin n'est-il pas le principal intéressé celui qui, effectivement, fait porter à nos enfants un bonnet d'âne qui lui revient de plein droit?

Cet échange, suprême tactique, n'a-t-il pas été provoqué pour venir à la rescousse d'un ministre à la dérive et qui, au prétexte de vouloir remettre de l'ordre dans les Associations, ne fait qu'étendre la pieuvre de son administration déjà pléthorique?

Les hommes les plus habiles ne sont certainement pas les plus courageux et dans ce contexte, il a certainement su abuser ses partenaires gouvernementaux, à peine déniaisés, et faire passer, comme chat sur braise, une nouvelle mainmise étatique et perverse sur l'espace le plus essentiel à la démocratie participative, celui des Associations.

Il n'y a que les naïfs qui n'ont pas vu passer ce train-là.

Cordialement,
Patrick DIMIER

Écrit par : Patrick Dimier | 07/12/2008

J'ai une analyse tout à fait différente de la vôtre. De mon point de vue, la concordance est la conséquence de la démocratie directe. Quel autre moyen que le compromis pour éviter que le peuple ne soit sans cesse appeler à voter. Avec cette concordance, les partis sont obligés de faire montre de réalisme. L'autre façon de gouverner, c'est une majorité et une opposition et à chaque alternance la nouvelle majorité ne pense qu'à défaire ce que la majorité sortante a fait.
L'inconvénient, j'en conviens est une faible participation tant aux élections qu' différents scrutins référendaires ou d'initiative populaire. Par contre, je pense que la richesse du débat n'en est pas moins là. Sauf lorsque l'on débat sur la forme plutôt que sur le fonds des objets...
Par ailleurs le grand défaut d'une opposition contre une majorité en place, c'est que cette opposition se doit d'être contre chaque projet, même s'il lui convient. Ce n'est pas constructif. Le PS minoritaire dans le gouvernement arrive parfaitement à amender des projets, il lui arrive même d'en faire passer.
Pour moi notre système est le plus efficace.

Écrit par : salegueule | 08/12/2008

Cher salegueule, je vous recommande le lien suivant: http://geneve.blog.tdg.ch/archive/2008/12/10/concordance-ii-avons-nous-encore-besoin-d-un-gouvernement-de.html

Écrit par : Charly Schwarz | 10/12/2008

Le blog que vous venez de me recommander me conforte dans mon idée. Ce qui fonctionne plutôt bien en temps de crise, ne peut que fonctionner mieux encore lorsque la situation s'améliore!

Écrit par : salegueule | 11/12/2008

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