14/12/2008

La concordance abandonnée… aucun effet pour la Suisse !

Au parlement, les différentes forces en présence ne travaillent plus ensemble. Les institutions politiques, qui dépendent de la concordance ont perdu toute leur valeur.

La concordance n’empreint plus notre culture politique : les conflits sont gérés avec de plus de plus d’agressivités et l’adversaire n’est plus considéré comme un représentant légitime. La concordance ne mise plus sur des processus de négociation qui exige la connaissance de toutes les positions La concordance ne fait plus partie de l’image que la Suisse s’est construite.

La concordance est une compétence que le peuple suisse a acquise et, peu à peu, abandonnée au profit des « politiques ».

La concordance n’est plus l’un des plus importants atouts de la Suisse dans la compétition mondiale.

La culture de la concordance disparaît sous les actions des médias qui personnalisent la politique et par des politiciens qui adaptent leur message et leur style à ces nouvelles formes de communications.

Si la concordance disparaît, la Suisse n’en paiera pas le prix fort. Dans une démocratie d'alternance, le débat s’enrichira et deviendra véritablement politique.

13:27 Écrit par Charly Schwarz dans Général, Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Facebook

Commentaires

Bonjour Charly,

Cela est suffisamment rare pour le souligner, je ne suis pas d'accord avec votre analyse, du moins en partie.

OUI la Suisse moderne quitte la concordance qui est pourtant la volonté du Peuple et doit donc être suivie à la lettre.

NON cela ne sera pas sans incidence, c'est la mort annoncée de cet assemblage d'Etats qui avaient pourtant compris que la réussite ne peut qu'être le fruit d'un accord sur le PPDC (+ petit dénominateur commun) et que celui-ci ne devait intervenir que sur le plan économique, laissant les autres questions à la charge des Etats membres.

Sous la poussée des centralisateurs, la Berne fédérale c'est mise sous le mode "centrifugeuse" et c'est, à terme, la mort annoncée de notre système et avec lui certainement de cette construction d'horlogers qui favorsait les particularismes et s'avait s'enrichir des différences.

Il n'y a pas de surprise à cette situation puisqu'elle est la conséquence d'une folie pan-européaniste qui souffle sur cette Berne fédérale dont les vrais fédéralistes ne peuvent que se méfier.

Comme vous le savez je suis un fervent défenseur de la démocratie participative et de l'auto détermination des Peuples. C'est bien l'un des thèmes que notre groupe "Changer Genève" défendra à la Constituante.

Il risque d'être isolé puisque la majorité des autres groupes appartiennent au camp des centralisateurs. Qu'à cela ne tienne, les plus belles défaites sont celles qui sont concédées sur les grands principes! Et qui sait, il y aura peut-être quelques constituants un peu plus éveillés que les autres et surtout plus attentifs à la sauvegarde de ce qui a fait la prospérité de la Suisse moderne.

Franchement lorsqu'on voit que l'UE a le courage et l'audace de demander aux Irlandais de revoter sur leur NON clair et massif, on se rend compte que la pseudo démocratie de notre voisin ressemble de plus en plus à la défunte CCCP qui avait, elle la finesse de couper les ailes de la colombe avant qu'elle ne prenne son envol! Protégeons notre "aigle" et restons indépendants!

Bien à vous,

Patrick Dimier
Constituant

Écrit par : Patrick Dimier | 15/12/2008

Cher Patrick, heureusement que vous n’êtes pas toujours d’accord avec moi.
J’aimerais juste porter à votre connaissance que la concordance n’est pas le ciment de notre Etat et que la Suisse moderne s’est constituée bien avant l’introduction de ce mot dans notre vocabulaire politique.
Il est temps que le politique prenne le pas sur l’économique.

Écrit par : Charly Schwarz | 15/12/2008

@Charly

Tenez donc, en fait, nous sommes homonymes, ou presque, Charly, Carlos, Carolus, etc.

Par définition la concordance c'est la recherche de points communs entre diverses sources (politiques en l'ocurrence), donc cette concordance passe d'abord par un concesus, un accord tacite, un fondement commun que les forces politiques suisses dans leur ensemble n'ont pas... Avant c'était polarisé Droite bourgeoise et Sociale Bourgeoisie (On était raisonnable...), avec des incursions furtives mais maîtrisée des extrêmes, gauches et droites, or aujourd'hui...

A gauche c'est les syndicats qui dominent en force avec les verts (Bon, les Socialistes ont toujours été très polarisés dans le paysage conservateur traditionnel qui est l'autentique ciment de la nation... je crois...).

Les bâtiments communs aux syndicats Unia, au parti Socialiste et aux autres formations de gauche témoignent d'une puissance politique et financière certaine, et puis Leuvrat.. un vrai syndicaliste...

A droite c'est... les libéraux-conservateurs identitaires de l'UDC qui ont phagocyté les Radicaux, et les Démocrates Chrétiens qui essaient de s'en tenir au raisonnable, au concensuel, et qui, je crois, savent tracer un peu cette ligne imaginaire concordatrice entre la gauche et la droite.... Trouver les points communs le long de cette ligne polarisée est un défi, qui, bien sûr n'était pas à la hauteur d'Ueli Maurer. Dommage pour Urs Schwaller. Mais le peuple a solicité le chant du paysan (Beuze blues?). Le hululement de l'animal se manifestera et couvrira l'oeuvre des hommes raisonnables... De ces nains qui bossent sans gloire mais avec conviction.

Il fallut juste que la Droite bourgeoise traditionnelle scèlent une alliance sacrée, le PDC récupérant les sociaux démocrates fatigués du syndicalisme, les radicaux-libéraux reprenant sous leur coupe les nouveaux bourgeois libéraux éclos des entrailles des gnômes de Zürich... Le tout bien sûr en montrant une concordance de surface avec tout le monde, UDC et Gauche, parce que le politiquement correct l'exige...

Pour conclure, si je préfère le centrisme extrême, inventif dans la vocifération politique, dans l'action concrète j'avoue que... comme Obama le Concordataire... j'aurais tendance à partir en quête rapide de tous les points communs les plus largement partagés par les partis et je commencerais par bâtir une authentique concordance nationale sur cette base... La plus large possible...

Si un parti est hors champs car ils ne partage rien avec les autres partis, alors celui là sera autentiquement différent des autres. Pour le moment, de l'UDC aux Socialistes, les chants composés en l'honneur de la sécurité intérieure ont curieuseent raisonné entre eux, et sur bien d'autre dossiers il est aisé d'imaginer trouver une sorte de "Ligne de Concorde pour une Suisse qui gagne!"... La crise l'exige urgemment...

Le reste, et bien, c'est très protocolaire...
Ou très électoraliste...
Celà dépend des saisons...

Écrit par : Carlitos de Unmauno | 15/12/2008

Salutations,

"(...)Le débat s'enrichira et deviendra véritablement politique." C'est ce qui est en train de se produire et ce n'est pas du tout enrichissant... Le retour de "clans idéologiques" et de leur incapacité à la collaboration est de très mauvaise augure...

Sincèrement,

Q.

Écrit par : Quentin ADLER | 16/12/2008

Cher Quentin.
Vous avez totalement raison… Dans un régime de concordance le débat, quand il s’opère, devient abscond ; puisque l’essence même de la concordance s’est absence de débat au profit du compromis.
Et un compromis reste le plus petit dénominateur commun, et quand on recherche le plus petit… impossible de faire de grande chose.
Amicalement Vôtre

Écrit par : Charly Schwarz | 17/12/2008

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