16/01/2009

Vote électronique, dites OUI le 8 février…

Vous lisez ce blog en ligne, vous pouvez immédiatement commenter mes textes tous peuvent lire vos remarques dans les minutes qui suivent et y répondre eux aussi.

Grâce à internet, nous participons de la construction de l'actualité et de sa couverture, au même titre que les journalistes et les politiciens.


Ce canal d’une incroyable puissance offre un espace sans rupture qui intègre les médias, la téléphonie, les loisirs, la vie sociale et la gestion administrative de nos affaires. Toutes nos activités s’inscrivent dans cet espace : les envois postaux, avec le courrier électronique, la banque, avec l’eBanking, le shopping avec les commerces en ligne, les loisirs avec la musique et les films sur internet.

Le vote s’inscrit naturellement dans ce continuum.

Bien sûr, vous pouvez esquiver la réalité en vous disant que certes, les jeunes votent peu, mais qu’ils voteront plus quand ils vieilliront. Ou vous dire que ceux qui ne votent pas expriment indirectement leur satisfaction quant à la marche des affaires publiques. Ces raisonnements ne tiennent pas.

Pour ce qui est du rapport des jeunes à la politique, l’âge n’est pas la question, c’est l’absence de convergence entre leur mode de vie et l’image véhiculée par les pouvoirs publics qui fait problème. Ou pour le dire autrement, c’est l’absence des pouvoir publics de l’espace internet.

Quant à attribuer aux abstentionnistes un vote de satisfaction avec la conduite des affaires publiques, c’est aller vite en besogne. Pourquoi ne pas décréter qu’ils se défient des institutions et refusent l’ordre établi?

Reste la question de savoir pourquoi la moitié de la population ne s’exprime pas dans les urnes. La réponse nous est donnée une étude de l’Université de Genève (www.ge.ch/evoting/doc/rapports/rapport_26sept_final.pdf).

Pour certains citoyens glisser son bulletin dans l’urne ou dans la boîte aux lettres reste un obstacle insurmontable ; en revanche, voter par un clic de souris est de l’ordre du possible.

C’est une question de style de vie.

Ignorer cette évolution, c’est finalement faire le jeu du clientélisme, c’est vouloir limiter l’exercice pratique du vote aux seules personnes que l’ont connaît directement.

Le vote par internet existe pour répondre à des besoins nouveaux de mobilité et de souplesse. Il atteint un public que l’isoloir et le papier n’atteignent plus, un public qui vit pleinement les possibilités offertes par les technologies de l’information.

Le vote par internet et plus généralement l’eDemocratie sont des projets sociaux et politiques bien plus que des projets techniques. Ils apportent une amélioration sociale en cela qu’ils élargissent le cercle des personnes que le débat politique atteint et renforcent l’autonomie des citoyens face aux appareils des partis.

Le vote par internet permettra de rafraîchir la participation politique et de moderniser notre démocratie.

11:42 Écrit par Charly Schwarz dans Genève, Politique, Techno | Lien permanent | Commentaires (22) | |  Facebook

Commentaires

Trust in me, clamait Kaa devant Mowgli ...

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 16/01/2009

Quid de la question de la sécurité, c'est-à-dire de la manipulation possible des résultats?

Écrit par : Mère | 16/01/2009

Z'avez raison,m'sieur Victor, It's a jungle out there!

Écrit par : Azrael | 16/01/2009

Supposons que le vote électronique soit introduit, et qu'on ne constate aucune augmentation de la participation.

Je pense que cette supposition est très plausible, car le vote par correspondance est extrêmement simple, et l'argument "un nouveau moyen moderne de vote est a disposition, donc cela va augmenter la participation" me parait spécieux.

Bref, supposons que la participation n'augmente pas ... que reste-t-il ... et bien que les inconvénients ! Le manque de transparence, l'ajout d'une complexité inouï pour un processus qui est simple, le manque de possibilité de recomptage par des citoyens lambda.

Seul se frottera les mains la multinationale informatique à qui on a confié le mandat .... qui parlait de clientélisme ?

Écrit par : Djinius | 16/01/2009

Voici une étude qui compare le vote par internet et le vote par correspondance, étude écrite par un chercheur d'un laboratoire CNRS d'informatique et publiée dans la revue Légalis de septembre 2008 : « Analyse des vulnérabilités de trois modes de vote à distance »

Elle est accessible en ligne : http://www.sciences.univ-nantes.fr/info/perso/permanents/enguehard/perso/Enguehard_Legalis2008.pdf

voici son résumé :
Cet article analyse trois modes de vote à distance dans un environnement non contrôlé : vote par correspondance postale, vote par correspondance hybride et vote par internet. Il décompose les procédures de vote en différentes étapes dont il compare les vulnérabilités en ce qui concerne le respect des critères d'un vote démocratique (confidentialité, anonymat, transparence, unicité, sincérité). Qu'il s'agisse de sûreté ou de fiabilité, chaque vulnérabilité est quantifiée par trois paramètres : ampleur, difficulté et visibilité.
L'étude constate que l'automatisation des traitements combinée à la dématérialisation des objets du vote tend à substituer des vulnérabilités visibles et d'ampleur réduite par des vulnérabilités invisibles et de grande ampleur.

Écrit par : Matif | 16/01/2009

L'étude que vous citez est une étude de sciences politiques dans laquelle on prend les promesses des industrielles pour argent comptant.
Merci de vous renseigner sérieusement sur le sujet avant de vous compromettre dans des alliances douteuses.

Écrit par : Matif | 16/01/2009

Si on regarde les chiffres de participation sur les 3 cantons tests en Suisse, on s'aperçoit que les taux sont loin de monter mais ont plutôt tendance à s'écrouler
Voici l'évolution des taux de participation dans le canton de Neuchatel (7 consultations entre le 25 septembre 2005 et le 1er juin 2008). Ces taux sont calculés par rapport au nombre de personnes qui avaient la possibilité de recourir au vote électronique : 68,01 %, 54,05 %, 54,63 %, 36,89 %, 40,94 %, 35,99 %, 19,91 %.

De plus prétendre sécuriser les votes par internet, c'est de l'escroquerie car il est impossible de sécuriser internet, mais comme personne ne peut contrôler ce qui s'est vraiment passé en vote électronique (à cause de la confidentialité) et donc apporter une contradiction étayée, il est aisé de prétendre que tout marche bien...
voir l'article "Internet : l'impossible sécurité du réseau mondial" publié dans le journal Le Monde le Er janvier dernier
http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/01/01/internet-l-impossible-securite-du-reseau-mondial_1136896_3244.html#ens_id=1136966

Écrit par : Matif | 16/01/2009

Drôle de constater la résistance face à un monde qui évolue…
Et je me rappelle des cours d’histoire durant lesquels nous révisions les bienfaits des avancées technologiques au profit de l’humanité… médecine, électricité, eaux courante, automobile, etc.
Ainsi que les mises en garde de certains « bienpensants »…
Vraiment drôle !

Écrit par : Charly Schwarz | 16/01/2009

Oui, certe "drôle", mais vous ne répondez pas sur le fond ...

Écrit par : Djinius | 16/01/2009

Bonjour à toutes et à tous,

Bonjour Charly,

concentrer le contrôle de l'outil démocratique dans les mains de quelques uns, au détriment du plus grand nombre, n'est en rien une avancée.

Vous confondez avancée et régression dans ce cas de figure.

Tous les citoyens ne sont pas des érudis en informatique et donc ne peuvent exercer aucun contrôle démocratique sur ce mode de scrutin.

Où est l'avancée ?

Bien à vous Charly et dans le secret de l'isoloir, cochez le non.

Stéphane

Écrit par : Stéphane | 16/01/2009

C'est bien embêtant, je ne retrouve pas la longue citation que vous faites "Pour certains citoyens glisser son bulletin dans l’urne ou dans la boîte aux lettres reste un obstacle insurmontable (...) Le vote par internet permettra de rafraîchir la participation politique et de moderniser notre démocratie." dans le rapport cité http://www.ge.ch/evoting/doc/rapports/rapport_26sept_final.pdf

Par contre, j'y trouve :
"Au plan cantonal, la participation au scrutin du 26 septembre 2004 a atteint 57.1% de
l’électorat. Pour les quatre communes étudiées ici, la participation a dépassé la
moyenne cantonale dans les petites communes de Cologny (61.8%) et d’Anières
(60.9%), mais s’est inscrite en dessous à Carouge (56.5%) et à Meyrin (54.2%)4.
En chiffres absolus, 12'491 des 22’137 électeurs de ces quatre communes ont
participé à ce scrutin, soit 56.4%5.

Il nous est impossible de mettre en évidence l'impact du vote par internet sur la
participation, car nous devrions comparer chaque commune à la moyenne cantonale
dans une perspective temporelle, qui fait encore défaut."

Écrit par : Sarasota | 16/01/2009

Cher Djinius,
Le fond c’est la liberté…
La liberté de croire qu’il est encore possible d’avoir le choix.
Le choix de l’isoloir, de l’enveloppe ou de l’ordinateur… à défaut d’une landsgemeinde dont certains en rêvent encore

Écrit par : Charly Schwarz | 16/01/2009

Vous ne vous prononcez toujours pas sur l'argumentation que nous vous opposons ... mais c'est votre "liberté".

Aller, en ce qui me concerne, j'ai deja voté "NON" depuis quelques jours et tout cela est entre les mains de la Poste puis du service des votations et de leurs fonctionnaire assermentés ... pas dans les mains de HP et de quelques consultants.

Écrit par : Djinius | 16/01/2009

Cher Stéphane,
« concentrer le contrôle de l'outil démocratique dans les mains de quelques uns, au détriment du plus grand nombre, n'est en rien une avancée »

Et actuellement qui contrôle ?

Avez-vous déjà été contrôleur désigné par votre parti pour faire officier lors de votations ou élection ?

Écrit par : Charly Schwarz | 16/01/2009

Votez et faites voter mais, surtout, NON !
Ras le bol des "voyageurs" qui viennent profiter dews services sociaux !

Écrit par : Octave Vairgebel | 16/01/2009

Charly ... trouvez vous drôle l'abandon de la DDT et l'augmentation du paludisme ?

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 16/01/2009

Actuellement, et je m'exprime en qualité de président de parti, chaque parti délègue un contrôleur, qui surveille les opérations électorales après avoir été par le Conseil d'Etat.

Son travail commence dans les bureaux de vote (vérifier par exemple, lors des élections, que les bulletins de son parti sont en nombre suffisants dans les isoloirs).

Cela continue lors du dépouillement, où chaque représentant contrôle les opérations et peut demander le recomptage des bulletins.

Remplacer ces personnes désignées par les partis par des "professionnels" revient à diminuer les droits démocratiques.

La transparence des opérations électorales exige que tous ceux qui présentent des candidats puissent contrôler les opérations électorales et le dépouillement.

Vouloir diminuer ce contrôle, en le confiant à des personnes qui ne sont pas des représentants des partis et groupements intéressés, revient à diminuer la transparence des opérations électorales.

Écrit par : Soli Pardo | 16/01/2009

Bonjour à toutes et à tous,

Bonjour Charly,

pour vous répondre, je suis président d'un bureau de vote durant l'exercice 2009, cela répond t'il à votre question ?

Ensuite, vous n'avez pas lu la modification de la loi, moi oui, je cite :

Article 48 , alinéa 4 :
.../...
Les opérations électorales sont contrôlées par une commission électorale centrale nommé par le Conseil d'Etat
.../...

Le jour où ce genre d'article servira toutes les dérives.

Voilà la réalité des faits.

Heureusement, cette loi, cantonale, si elle devait passer pourra toujours être balayée par la Constituante.

Espérons juste que les citoyens mesureront la portée de cet article de loi qui signifie simplement : la fin du contrôle des opérations électorales par le peuple souverain.

Bien à vous,

Stéphane

Mesdames, Messieurs, VOTEZ NON.

Écrit par : Stéphane | 16/01/2009

Le titre de l'article n'incite nullement à la réflexion.

"Vote électronique, dites OUI le 8 février…"

Non, je sais, Charly Schwarz n'est pas un pédagogue.

La dictature c'est "ferme ta gueule", la démocratie c'est "cause toujours".

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 16/01/2009

@ Stéphane
"Article 48 , alinéa 4 :Les opérations électorales sont contrôlées par une commission électorale centrale nommé par le Conseil d'Etat"

N'est-ce pas le cas actuellement ? (voir ci dessus le billet de Monsieur Soli Pardo)

@ Victor
personne vous demande de réfléchir...

Écrit par : Charly Schwarz | 16/01/2009

C'est ce que je mets en évidence, Charly ... surtout que personne ne pense ... avant de voter oui, comme vous le demandez.

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 16/01/2009

Bonjour à toutes et à tous,

Bonjour Charly,

comme candidat à la Constituante, j'ai fait mes devoirs... c'est l'alinéa 3, de l'Article 48 de l'actuellle Constitution qui répond à votre question.

.../... "électeurs choisis dans les partis" .../...

Et non des professionnels choisis au petit bonheur la chance par une instance supérieure dont ils dépendront intrinsèquement par des liens de subordination dangereux.

NON, NON, NON...

Bien à vous Charly,

Stéphane

Écrit par : Stéphane | 16/01/2009

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