03/03/2009

Le chômage c’est d’abord un problème de flux

Ce n’est pas le nombre qui importe, mais le temps. Rester au chômage pendant trois ou six mois entre deux jobs, ce n’est pas la même expérience qu’une année sans emploi.

Le chômage-tampon est un phénomène presque inéducable. Mais le chômage de longue durée est une calamité. Le travail se désapprend. Après un an ; on décroche, on s’enfonce, on est largué, on ne connait plus les nouveaux outils, on oublie la sociabilité des pauses cigarettes ou cafés, on se délite à petit feu.

On peut cependant considérablement limiter le chômage de longue durée. Pas uniquement en recourant au traitement social, par de contrats sous payés et tardifs (il faut être chômeur de longue durée pour bénéficier des emplois aidés).

En revanche, il excite une mesure préventive jamais testée, pas chère, efficace et simple : le « job rotation ».

C‘est une invention du Danemark. Le «job rotation» consiste à remplacer par un chômeur un salarié qui prend un congé d’un an. L’idée, c’est que le congé doit servir à entamer une formation qualifiante. Dans le meilleur des cas, le salarié revient en prenant du galon et le chômeur, recruté pour le remplacer, conserve le job.

Dans ce système, tout le monde est gagnant ; le salarié en formation, le chômeur, l’entreprise qui n’a pas de rupture de charges, et l’état qui, au lieu d’indemniser un chômeur, finance la formation.

Les Danois ont inventé ce modèle en 1996.

En ce début de récession avouée, je suis frappé par l’absence complète d’imagination des plans. On nous ressort toujours le même traitement social du chômage.

Expérimenter le « job rotation » serait un vrai progrès social.

12:29 Écrit par Charly Schwarz dans Economie, Formation, Genève, Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook

Commentaires

C'est marrant il y a toujours des gens pour pretendre tous connaitre du chomage, y compris les causes et la solution miracle.

Il y a dix ans de gauche a droite on parlait de problème de formation. Quand il n'a plus été possible de cacher qu'il y avait un tas d'universitaires (trop jeune, trop vieux, trop chers etc) au chomage il a bien fallu trouver une autre simplification: La durée.

(Et de toute façon pour pousser a l'absurde: si tout les chômeurs étaient poussés a faire un doctorat en physique nucleaire, on verrait simplememt des chauffeurs-livreurs dr en physique et au chomage.)

Mais que se soit a la sortie des études ou sur 15 ans d'experience, qu'est ce que ça change que se soit 1 ou 10 mois de chomage ? Et même dans votre exemple danois, le salarié qui a été remplacé pour une année de congé, a-t-il aussitôt "desapris" son boulot ?

Ceci dit je ne vous jettes pas la pierre pour faire des propositions, personnelement j'avoue ne pas en avoir.

CE

Écrit par : Eastwood | 03/03/2009

Commençons déjà par des choses simples, lorsqu'une femme part en congé maternité ou que quelqu'un tombe malade, remplaçons-les durant leurs absence. Ce n'est déjà pas le cas. Lorsque des travailleurs proposent du temps partiel accordons-le leur et engageons davantage.
ça se passe comment aujourd'hui ? On profite de ne pas les remplacer et d'économiser. Alors le Danemark, c'est lorsqu'on aura épuisé toutes les possibilités existantes qui sont sous-exploitées, voire jamais exploitées.

Écrit par : duda | 03/03/2009

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