17/06/2009

Création de richesse = travail + capital !

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La pratique habituelle (prêter en fonction des garanties réelles et donc de la richesse acquise au lieu de miser sur la richesse future) a pour effet de renforcer la concentration des biens plutôt que d’améliorer l’allocation des ressources dans l’économie.

Elle freine le développement local, ancré dans la réalité et fondé sur les capacités entrepreneuriales des habitants.

L’originalité du concept du microcrédit est de marier les dimensions, sociale et financière, considérées comme antagonistes.

Cela n’est possible qu’en se projetant dans l’avenir. Contrairement à toute autre forme de crédit, le microcrédit se fonde sur la confiance et les capacités des emprunteurs de créer de la richesse.

Mais il est difficile lorsqu’on a pris l’habitude de lier les décisions de prêt aux résultats comptables et aux garanties réelles.

Le microcrédit est populaire mais reste méconnu.

Souvent réservé à des populations précarisées, le microcrédit attire aujourd’hui de nouveaux publics ; des jeunes frappés par la crise, des cadres démotivés par un métier qui ne les satisfait plus ou encore des quadras aux velléités créatrices enfouies qui décident de s’écouter enfin et qui aspirent avant tout à l’autonomie professionnelle et financière.

Le microcrédit a une vraie modernité parce qu’il n’a pas qu’une fin utilitaire, il est un instrument pour réaliser une passion, valoriser ses compétences, et concrétiser des idées novatrices et originales.

La crise (précarisation du travail, chômage) démontre que d’autres voies sont nécessaires pour échapper à la solidarité publique.

Nous allons vers des petites unités économiques de service, mais le manque d’accès au crédit pénalise les petites entreprises et plus particulièrement les entreprises en démarrage.

Le microcrédit est un outil indispensable pour développer une activité professionnelle en l’absence de moyens… A condition d’être épaulé.

L’accompagnement est l’enjeu principal du microcrédit !

 

(extrait de ma conférence donnée mercredi 17 juin dans le cadre du Festival de la Terre à Lausanne)

11:50 Écrit par Charly Schwarz dans Commerce, Développement durable, Economie, Formation, Général, Genève, Politique, Solidarité, Suisse, Vaud | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook

Commentaires

Le microcrédit est un désastre nécolonial car il cherche à appliquer une idéologie (du profit et de la rentabilité) à des gens qui n'ont pas cette culture. Résultat : les paysans indiens s'endettent pour acheter des semences, se retrouvent pris à la gorge et se suicident par centaines... Lisez l'article dans le Courrier d'hier à ce sujet, c'est très éclairant sur cette fausse bonne idée qu'est le microcrédit. Les paysans du sud n'ont pas besoin d'une économie de profit mais d'une économie de subsistance! Et nous devrions en tirer quelques leçons...

Écrit par : Sandro Minimo | 17/06/2009

Cher Sandro,
lisez l'article complétement ! Et vous vous rendrez compte que je parle du microcrédit sous nos lattitudes.
A bon entendeur !

Écrit par : charly schwarz | 17/06/2009

Comme vous le dîtes, le microcrédit ne peut (généralement) se comprendre que dans le cas où il est accompagné par quelques spécialistes (techniques, marqueting, comptabilité, agriculture, etc ...). Le cas des Indes cité par Sandro est typique de microcrédits sans accompagnement.
Néanmoins il est clair que le microcrédit ne marchera pas toujours. Mais c'est une excellente porte ouverte pour ceux qui ont suffisamment de compétences et qui écoutent les recommendations.

Écrit par : Lambert | 17/06/2009

En qualité de praticien du micro crédit, je veux confirmer comme l'accompagnement est l'élément clé pour que le micro crédit soit un outil de développement.Cela coûte plus cher puisqu'il faut des formateurs, des personnes qui puissent conseiller tout au long de la vie du crédit.

La première formation des bénéficiaires se fait avant l’octroi du crédit.
Une attestation est délivrée et constitue un élément de dossier à fournir.
Cette formation a lieu tous les deuxièmes et quatrièmes samedis du mois au cas où il y a des candidats inscrits.
Des formations complémentaires aux activités commerciales ont lieu après l’octroi du crédit.

La première formation est assurée par le responsable de l’examen de la demande de crédit tandis que les formations continues sont réalisées par le comptable du projet.

Je crains que généraliser le micro crédit en instrument néo colonialiste soit bien loin de la réalité et vous invite pour vous faire votre propre opinion à regarder le petit film (13 minutes)dont voici le lien.

http://video.metrofrance.com/video/iLyROoafvJMQ.html

http://www.diego-developpement.org

Écrit par : Michel HAMON | 09/03/2010

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