08/09/2009

Police, le problème est ailleurs, définitivement !

police en intervention.jpg

En quelques jours, grâce à mon billet « le nombre de policiers est suffisant », j’ai pu rencontrer plusieurs policiers, gendarmes et agents de sécurité municipale (ASM).

De ces divers entretiens, je peux, en connaissance de cause, affirmé que les problèmes dont souffrent nos représentants de l’ordre, n’est pas le manque d’effectif, en premier lieu.

Le malaise est bien plus grave et profond.

Premier constat, le manque de considération.

Si la majorité de la population « n’aiment pas » la police, sauf en cas de besoin, il faut constater que le législateur fait peu de cas des revendications de la base.

Rare sont les gendarmes auditionnés par les diverses commissions du Grand Conseil. Les députés sortants préfèrent  « convoquer » l’état-major !

 

Second constat, le recrutement.

S’il est difficile de recruter des policiers sur le « marché » local, le manque de capillarité sociale des futurs agents venant d’autres cantons, révèlent leurs méconnaissances des meurs particulières d’un canton/ville subissant une criminalité particulière.

 

Troisième constat, la lassitude

Il y a 15 ans, on constatait une lassitude chez le gendarme, après 10 ans de service, aujourd’hui les premiers signes de lassitude se font sentir après 18 mois !

 

Quatrième constat, les effectifs

Le Conseil d’Etat, dans sa politique de réduction linéaire de la charge salariale des fonctionnaires, a imposé une diminution des effectifs administratifs au sein de la Police, et c’est donc aux agents de maintient de l’ordre d’assurer ce travail et par conséquence, ils sont moins disponibles auprès de la population.

 

Sans oublier les spécificités genevoise : la police municipale n’est pas armée, elle ne peut pas amener le délinquant, etc. Les souris dansent !

 

J’espère que dans le programme de réorganisation de la police que le Conseil d’Etat, présentera le 9 septembre, quelques solutions seront proposées pour rétablir la dignité d’un corps bien malmené ces dernières années.

 

08:30 Écrit par Charly Schwarz dans Culture, Formation, Général, Genève, Médias, Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : élection, candidat, élections, grand conseil, genève | |  Facebook

Commentaires

Il y a effectivement un énorme manque de considération.

Un des trois éléments du corps de police est la PSI. Elle a été fondée en regroupant le DGA (Détachement des Gardes Aéroport) et le GSD (Gardes Sécurités Diplomatiques). Le GSD avait de graves problèmes et la fusion avec le DGA sous le nom de PSI, avait permis de corriger une majorité des dysfonctionnements.

La nouvelle loi sur la police (2005) avait donné de nouvelles compétences et l'application des accords de Schengen (reprise des contrôles de passeport à l'aéroport par les gardes-frontières) libéré des effectifs.

Suite à cette amélioration, la PSI a été réorganisée début 2009. Cette réorganisation a été catastrophique : les missions aéroportuaires et protection du milieu diplomatique re-scindées en deux entités entièrement distinctes, récréant ainsi les problèmes du passé. La nouvelle structure est tellement rigide que malgré le gain d'une vingtaine de postes (remis aux gardes-frontiéres), l'horaire ne tournait plus :

- Avec plus de personnel, on n'arrivait plus à couvrir moins de tâches !

Réponse de la hiérarchie PSI aux critiques du personnel sur cette réorganisation calamiteuse :

"- L'émotionnel, on s'assied dessus !"

Et plus haut, on ne veut pas se mêler d'une affaire "interne" ...

Écrit par : Clyde | 08/09/2009

Extrait de l'exposé des motifs du projet de :

Règlement modifiant le règlement d'application de la loi sur la police (F 1 05.01)

La nature même des missions dévolues à la gendarmerie et à la police judiciaire exige une grande disponibilité de la part des collaborateurs, qui doivent fréquemment prolonger leur journée ou leur nuit de travail pour les besoins du service. De fait, il n'est pas envisageable d'appliquer à la police dans son intégralité l'article 8 alinéa 3 RPAC

Article 5

Actuellement, le barême de majoration et le mode de rémunération des heures supplémentaires manque de transparence, voire de cohérence, chaque service appliquant des règles différentes basées sur des ordres de service mais …


Un seul barême de majoration est fixé mettant ainsi un terme à la confusion et aux inégalités qui prévalaient entre les services de police.


Voici un beau morceau de mauvaise foi !

On commence par constater la grande disponibilité dont doivent faire preuve les policiers, plus que les autres fonctionnaires puisque cette disponibilité est qualifiée de "grande".

Puis pour cette raison, on supprime les limites qui protègent les autres fonctionnaires (pas plus de deux heures par jour, etc. …)

Ensuite on critique la majoration des heures supplémentaires et on souligne le manque de base légale de ces rémunérations. Du coup, on instaure un taux unique de majoration, qui n'existe nul part ailleurs, qui est inférieur à ce qui est alloué à n'importe quel travailleur par la loi sur le travail et qui est loin de ce que peut obtenir n'importe quel fonctionnaire si on lui demande de venir travailler un samedi matin (occasionnel) et surtout sans aucune base légale.

On remplace une égalité par une autre, le rédacteur écrit le mot "barème" comme "carême" : une erreur révélatrice !

Écrit par : Clyde | 11/09/2009

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