22/09/2009

La gauche, la droite (2) dans le langage politique.

gauche droite 2.jpg

Tout change lorsqu'apparaît la perspective politique.

En effet, ce que l'on appelle le «discours dominant», c'est-à-dire les expressions qui prévalent, qui s'expriment, s'impriment, s'entendent comme un fait évident, ces expressions qui sont la règle, la norme et qui, par conséquent, conditionnent la pensée, ces expressions sont toutes, ou à peu près, avantageuses pour la gauche et péjoratives pour la droite.

Les exemples sont foison. Ainsi, la gauche est réputée généreuse, ouverte et novatrice, la droite intéressée, frileuse et conservatrice. La gauche est le progrès, la droite le passé. Qui donc engendre l'espoir, qui donc incarne la liberté? La gauche. Nostalgique et réactionnaire? La droite. Désintéressement, tolérance et solidarité sont à gauche, calcul et intolérance à droite.

La gauche rassemble, la droite divise. La gauche est morale, la droite ne l'est pas.

Et encore? La droite, c'est l'argent, le profit, l'exclusion, la règle d'élites faisandées, tandis que la gauche est l'esprit citoyen, le peuple, le souci permanent du social, l'égalité de tous, l'idéal démocratique. 

Et j'en oublie. Vous qui êtes en train de me lire, qui que vous soyez, de gauche, de droite, d'ailleurs ou de nulle part, vous pouvez aisément compléter la liste, tant ces expressions sont quotidiennes, familières et communément admises.

18:17 Écrit par Charly Schwarz dans Culture, Général, Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : élection, candidat, élections, grand conseil, genève | |  Facebook

Commentaires

oui...mais pas forcément fausses !!!

:o)

Écrit par : M.U.R | 22/09/2009

Allons, il n'est pas bien difficile de trouver dans le magasin des clichés bien des expressions dépréciatives appliquées à la gauche et autant qui servent à louer la droite :

La gauche est irréaliste, laxiste, elle défend les criminels contre les victimes, les paresseux contre les créateurs de richesse, les gauchistes détestent leur pays, admirent les tyrans, imposent des impôts confiscatoires qui dissuadent d'entreprendre, ce sont des niveleurs qui haïssent le talent, et à la fois des mangeurs de caviar élitistes et méprisants, etc., etc.

La droite est modeste, réaliste, pondérée, elle défend les libertés contre l'état oppresseur et l'innovation contre la bureaucratie parasitaire, elle souhaite que l'effort soit récompensé et le crime réprimé, elle est proche des vrais gens, ceux qui se lèvent tôt et travaillent, elle veut l'ordre, la justice et la sécurité pour les honnêtes gens, etc., etc.

Vous voyez que ce n'est pas difficile*, et la lecture de quelques blogs ici ou là vous fournirait encore des douzaines d'exemples de lieux communs de la même espèce si vous vous donniez la peine de chercher.



*Pas plus que de trouver autant d'exemples de sens opposé, comme vous venez de le faire.

Écrit par : stéphane staszrwicz | 22/09/2009

Cher Monsieur Schwartz,

J'ai l'impression que nous ne vivons pas dans le même monde...

Si l'on prend quelques-unes des oppositions devenues les clichés de notre époque, de quel côté croyez-vous que le discours néolibéral place la gauche ? :

liberté-contrainte
flexible-rigide (ou réactif-archaïque, souple-sclérosé, optionnel- obligatoire etc.)

Toujours du côté droit du couple de mots...

Pour en savoir plus allez lire :

http://www.reseau-reel.ch/index.php?page=lanouvellevulgate

A vous.

Écrit par : yves scheller | 22/09/2009

Merci pour ce lien. Fort intéressant, le monde change.
Le « multiculturalisme » a vécu, aujourd’hui nous devons parler « interculturalisme » !
Et Bourdieu reste Bourdieu, triste !

Écrit par : charly schwarz | 22/09/2009

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