07/10/2009

Les tribunaux ont dérivé, ils ne décident plus de ce qui doit être interdit mais de ce qu’il faut faire

Des causes et des luttes variées, incluses celles issues des mouvements sociaux, sont de plus en plus souvent amenées devant des tribunaux, où des experts en droit jonglent et finassent sur des décisions politiques dans un langage si complexe et obscur qu’il ne peut être compris que par des légistes spécialisés.

Ils sont passés d’une fonction limitative à une fonction législative qui usurpe la tâche classique de la politique démocratique.

S’il est vrai que le règne de la loi est un important pilier de la vie en démocratie, le gouvernement des tribunaux est une subversion de la démocratie, qui inverse l’essentielle subordination du judiciaire au législatif dont dépend la souveraineté populaire.

15:48 Écrit par Charly Schwarz dans Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook

Commentaires

C'est un vieux débat, jugez plutôt:
"Lorsque les pères s'habituent à laisser faire les enfants, lorsque les fils ne tiennent plus comptent de leurs paroles, lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter, lorsque finalement les jeunes gens méprisent les lois parce qu'ils ne reconnaissent plus au-dessus d'eux l'autorité de rien ni de personne, alors c'est là que, en toute beauté et en toute jeunesse, débute de la Tyrannie."
PLATON en 435 av J.C.:

C'est bien pour ces raisons qu'il faut lutter de toutes nos forces contre la république des juges et surtout contre leur impunité.

Le parlement fait la Loi les juges l'appliquent.

Certains, dans les temps anciens, ont eu le malheur de leur permettre de l'interpréter. On paie encore et très cher cette erreur.

Il suffit de parcourir certaines jurisprudences de ce que certains appellent pompeusement la cour "suprême", le TF (abréviation de tout faux), pour comprendre que nombre de ses décisions sont de nature politique et non pas juridique. Démontrant ainsi la vassalisation de la justice aux partis politiques.

J'appelle toutes les forces qui ne veulent pas de la "république des juges" à instaurer, dans notre nouvelle Charte fondamentale, une responsabilité individuelle pour tous ceux qui, au nom du droit, violent la Loi.

Écrit par : patrick Dimier | 07/10/2009

Votre remarque pertinente concerne aussi le domaine des interdictions notamment les tutelles, curatelles. Une fois pris dans les rouages du judiciaire, il est quasi-impossible de s'en sortir. Le Tribunal tutélaire décide souvent de mesures sans audition suffisante des personnes concernées, sans étude complète du dossier voire même avec impartialité. Il est aisé ensuite d'invoquer une décision judiciaire. L'application de la loi devient une utilisation de la loi qui prend l'allure d'une domination sans limite du judiciaire. Le pouvoir judiciaire aujourd'hui jouit des pleins pouvoirs, il décide, se gouverne et se surveille. Le manque de contrôle extérieur des tribunaux amène à de graves dysfonctionnements.
La Constituante va-t-elle plancher sur le sujet et introduire dans la nouvelle Constitution genevoise des moyens de contrôler les tribunaux ?

Écrit par : SOS Tutelles - Brigitte Pivot | 07/10/2009

La judiciarisation grandissante de notre société montre-t-elle un déficit de l'autorité du politique? Comment en arrive-t-on à ce que vous décrivez, Charly?

@ Patrick: tout-à-fait en phase avec vous, c'est une idée que je soutiens aussi.

Écrit par : hommelibre | 07/10/2009

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