24/11/2009

Police, un profond malaise

Pendant la campagne électorale, j’ai rencontré plusieurs policiers, gendarmes et agents de sécurité municipale (ASM) et j’ai constaté que le problème dont souffrent nos représentants de l’ordre, n’est pas, en premier lieu, le manque d’effectif.

A quelques jours de la désignation du nouveau « Patron » de la police, je peux affirmer que le malaise est bien plus grave et profond.

Premier constat, le manque de considération.

Si la majorité de la population « n’aime pas » la police, sauf en cas de besoin, il faut constater que le législateur fait peu de cas des revendications de la base.

Rares sont les gendarmes auditionnés par les diverses commissions du Grand Conseil. Les députés sortants préfèrent  « convoquer » l’état-major !

Second constat, le recrutement.

S’il est difficile de recruter des policiers sur le « marché » local, le manque de capillarité sociale des futurs agents venant d’autres cantons, révèlent leurs méconnaissances des moeurs particulières d’un canton/ville.

Troisième constat, la lassitude.

S’il y a 15 ans, on constatait une lassitude chez le gendarme, après 10 ans de service, aujourd’hui les premiers signes de lassitude se font sentir déjà après 18 mois !

Quatrième constat, les effectifs.

Le Conseil d’Etat, dans sa politique de réduction linéaire de la charge salariale des fonctionnaires, a imposé une diminution des effectifs administratifs au sein de la Police, et c’est donc aux agents du maintien de l’ordre d’assurer ce travail et par conséquence, ils sont moins disponibles auprès de la population.

Sans oublier une spécificité genevoise : la « guerre des polices »

J’espère que le nouveau « Patron » trouvera quelques solutions  pour rétablir la dignité d’un corps bien malmené ces dernières années.

08:13 Écrit par Charly Schwarz | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Facebook

Commentaires

Les agents de sécurité municipale (ASM) devraient s'occuper aussi de noter les déprédations sur la voie publique, les parcs et signaler les incivilités mais ils sont tellement occupés à amender à tort et à travers qu'ils sont forcément peu populaires. Par exemple, dans mon quartier il a fallu 1 mois et demi et 8 amendes d'ordre collées sur le pare-brise pour faire enlever une voiture visiblement volée (vitre et pare-brise cassés). Ce zèle mal placé est l'application à la lettre d'un philosophie de base à Genève : l'acharnement de ce Canton "dispendieux" à remplir les caisses de l'Etat par les amendes d'ordre et tout spécialement celles du parking.

Écrit par : demain | 24/11/2009

Au-delà des remarques de la forme, le fond de votre article a le mérite de donner un certain bon compte-rendu de la situation. Ce qui me fait soucis, maintenant, ce sont les propositions que vous allez apporter en conséquence.
Qu'entendez-vous par "guerre des polices"?

Écrit par : bob | 24/11/2009

Merci à duda et à Paul HUCHON pour leurs corrections.
@ Bob:
Quand je parle de « guerres de polices » j’entends le refus marqué par la gendarmerie qui refuse l’intégration de la PSI dans son corps et de cette même gendarmerie qui ne considère pas les ASM comme des policiers à part entière.
Pour les solutions… une me semble importante, c’est d’avoir à la tête du nouveau département de la sécurité un magistrat rompu aux méthodes de communications modernes.

Écrit par : charly schwarz | 24/11/2009

Merci pour ces compléments!

A bientôt!

Écrit par : bob | 25/11/2009

Je suis d'accord avec vous sur ce que vous appelez "la guerre des polices". Pour la sécurité, il faut utiliser tous les ressources disponibles : inspecteurs, gendarmes, agents PSI, ASM (APM), gardes-frontières, etc. ...

Néanmoins il existe un argument valable pour le refus de la gendarmerie d'accepter les autres acteurs de la sécurité. Il faut savoir qu'à Genève les procédures administratives sont assez importantes (plus que dans d'autres cantons) et que la plupart des autres services que la gendarmerie n'ont pas les compétences et la formation pour accomplir ces procédures, ce qui a pour effets de surcharger les gendarmes de travail administratif. Chaque interpellation par les ASM, les gardes-frontières, etc. ... se termine par une remise à la gendarmerie.

Pour réellement participer à l'effort pour une meilleure sécurité, il faut que ces services soient formés et possèdent les compétences pour traiter les interpellations qu'ils effectuent pour ne pas transférer la charge administrative à d'autres (la gendarmerie, notamment).

C'est ce qui a été fait à la PSI, d'où l'idée de fusionner les deux services. Néanmoins, la fusion de services en manquent de personnel ne résout pas tous les problèmes, bien au contraire.

Quand la PSI a été fondée (en fusionnant le DGA : Détachement des Gardes Aéroport et le GSD: Gardes de Sécurité Diplomatique), un rapport avait été commandé à un expert extérieur qui estimait qu'il fallait 319 personnes pour effectuer la tâche dévolue à cette nouvelle entité. Cette fusion est intervenue juste avant les difficultés financières de l'Etat de Genève et les coupes linéaires dans les effectifs, du coup la PSI n'a jamais pu dépasser les 200 unités : on est loin du chiffre recommandé.

L'avenir passe par une réorganisation des tâches de police et une réflexion sur la sécurité diplomatique. Est-il vraiment utile de mettre plus d'une centaine de policiers pour effectuer des plantons devant des bâtiments ou, comme le font d'autres cantons, ne devrait-on pas sous-traiter cette tâches à des gens ne possédant pas des compétences aussi étendues et utiliser les effectifs ainsi dégager dans nos rues ?

L'efficacité et du coup, la sécurité générale y gagneraient. Il est dommage que cette réflexion n'ait pas eu lieu plus tôt ...

Pour la fusion de la PSI et la gendarmerie, il est vrai que les motifs sont plus égoïstes et auraient mérités un peu plus de concertation.

Écrit par : Clyde | 25/11/2009

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