09/12/2009

La Suisse est un pays où l’on est toujours l’étranger « d’à coté »

La Suisse a connue des vagues d’intense immigration. On est passés d’une population de 5% d’émigrés dans les années 40 à plus de 15% dans les années 70.

 

L’étranger du canton "d’à coté » est devenu l’étranger d’ailleurs. C’est à cette époque que son nés les premiers partis identitaires, comme l’Action nationale.


On instaure alors des examens d’assimilation, préludes à la procédure de naturalisation. Au niveau national, on demande des choses simples : que les futurs citoyens ne soient pas des criminels, qu’ils aient passé au moins douze ans en Suisse et qu’ils soient en bonne santé.

 

Le reste des critères est délégué aux communes.

On y trouve des choses très surprenantes sensées constituer l’identité suisse. On demande par exemple aux futurs suisses ce qu’ils préparent à manger, les journaux qu’ils lisent, des connaissances sur le chocolat

 

L’identité se résume alors à un assemblage procédural assez hétéroclite qui trahit justement son manque de fondement véritable.

 

Face à l’immigration rapide des années 50/70, qui fait aujourd’hui de la Suisse le pays qui comporte le plus grand taux d’étrangers, plus de 20% de la population et même 40% dans le canton de Genève, les partis identitaires, oubliant le paradoxe même de leur existence dans un pays à l’identité si éclatée, brandissent alors la menace potentielle de l’étranger, comme bouc émissaire multiples  maux de la Suisse.

 

Une logique qui s’est adaptée aux vagues successives d’immigration, visant d’abord les italiens, puis les ressortissants des pays de l’est et aujourd’hui le frontalier ou le musulman. On est toujours l’étranger d’un autre.

 

Mais, c’est sa diversité qui fait la force de la Suisse.

 

Une diversité qui fait en tout cas la force de l’équipe suisse de football des moins de 17 ans qui vient de remporter la Coupe du monde de football, forte de ses joueurs d’origine variée. 13 joueurs sont bi-nationaux.

 

Et un véritable pied de nez aux thèses xénophobes et islamophobes.

06:21 Écrit par Charly Schwarz | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : suisse, étranger, musulman, immigré, émmigré | |  Facebook

Commentaires

40% d'étrangers à Genève? Si vous voulez dire par cela que 60% détiennent la nationalité suisse, OK, mais vous oubliez alors les doubles nationaux. Ainsi les détenteurs d'une nationalité étrangère domiciliés à Genève atteignent peut-être 50% de la population (l'Office cantonal de la population ne tient pas de statistiques sur les doubles nationaux). Parmi les 40% d'étrangers non (également) suisses, on trouve de nombreuses personnes immigrées de 2e génération - italiennes notamment - qui ne se sont jamais naturalisées mais qui sont socio-culturellement non distinguables de la population dite "de souche" (encore qu'à Genève contrairement par exemple au Valais, ce concept n'a pas vraiment de sens). Parmi les 60% de suisses, on trouve donc les doubles nationaux bien sûr, mais aussi des naturalisés, y compris par voie de naturalisation facilitée accordée depuis 1997 aux conjoints hommes ou femmes de Suisses (mon cas). Donc la réalité est plus complexe encore que les statistiques. Cela dit, d'accord avec vous, évidemment! Vive la diversité à Genève ainsi que l'esprit d'ouverture et de tolérance qui honore notre ville!

Écrit par : Ashwani Singh | 09/12/2009

Comme quoi l'argent n'a pas d'odeur !

Écrit par : corto | 09/12/2009

C'est vrai, vous avez raison, nous sommes tous des étrangers en Suisse, parce qu'il n'y pas d'identité suisse, selon vous. Donc nous devons accueillir tous les étrangers du monde. Simple question: comment faire pour assurer un avenir de 6 milliards de personnes dans un pays dont la structure peine à assurer un futur décent à bientôt 8 millions de "Suisses-étrangers"??
En poussant votre logique jusqu'au bout, on se rend compte de son inconsistance....

Écrit par : Bob | 09/12/2009

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