10/12/2009

Construire une nouvelle identité suisse

Les religions ont certainement un rôle à jouer dans cette belle aventure de la construction d’une nouvelle identité suisse, au moins pour deux raisons essentielles :

- Toutes les valeurs qui peuvent être à la base d’une nouvelle identité suisse sont des valeurs prônées dans leur ensemble par les religions ; certes exprimées selon des approches différentes, mais qui peuvent être enrichissantes et complémentaires.


- La capacité spirituelle des religions représente un facteur important qui peut donner un élan positif à ces valeurs fondatrices de l’identité.


Comme l’islam peut-il y participer ?


L’islam peut avoir sa contribution dans la fondation d’une nouvelle identité suisse grâce à deux facteurs importants :


- Une présence des musulmans dans la majorité des cantons

- La dimension historique d'une expérience musulmane qui a pu conjuguer à la fois l’unité et la diversité, y compris en Europe dans la période andalouse, et dans les pays de l’Europe de l’Est. Une expérience qui a eu ses difficultés mais aussi ses apports positifs.

Les musulmans de Suisse ont une responsabilité dans la construction d’une nouvelle identité suisse. Une responsabilité qui ne peut apporter ses fruits qu’avec une volonté de la société suisse, cherchant à mettre en harmonie toutes les compétences et les énergies diverses, au service d’un destin commun. La responsabilité des musulmans contribuant à la nouvelle identité suisse prend ses fondements essentiellement dans trois engagements qui sont déjà entrepris :


- Un engagement visant à intégrer progressivement leur tradition et leur expression religieuses dans le contexte suisse. Témoignent de cet engagement toutes les initiatives prises dans la construction des lieux de culte en parfaite insertion dans le paysage urbain de nos villes, dans la formation des imams et des cadres religieux, dans l’acquisition de de carrés musulmans pour enterrer les morts…


- Un engagement citoyen qui amène le citoyen suisse de confession musulmane à prendre part à la vie de la société, à travers ses activités sociales, culturelles et politiques. Un engagement qui a besoin d’être renforcé et encouragé.


- Un engagement dans le dialogue interculturel et interreligieux qui connaît une évolution constatée. De plus en plus d’initiatives sont entreprises dans ce domaine, et le nombre croissant d’associations de dialogue à l’échelle locale, nationale et internationale auxquelles participent des musulmans en est un témoin.

En parallèle à cette responsabilité des musulmans, il y a certainement une responsabilité de la société, qui peut permettre à la contribution musulmane d’apporter sa pierre à l’édifice de la nouvelle identité suisse. La responsabilité de la société dans ce domaine, correspond à une revendication citoyenne de a part de la composante musulmane suisse, mettant en avant aujourd’hui les exigences suivantes :


- Une confiance accordée aux citoyens musulmans en tant qu’acteurs positifs, qui ont leur place entière dans la société. Une telle confiance renforce l’engagement, dissipe les facteurs de repli et de marginalisation et fait exploser les énergies servant l’intérêt commun.


- Un combat rigoureux de toutes les formes de racisme et de xénophobie. Les différences et les spécificités de chaque communauté religieuse et culturelle peuvent constituer un élément d’enrichissement mutuel, comme elles peuvent être des facteurs d’isolement, en fonction de l’approche suivie dans le traitement de ces différences et de ces spécificités.


- Une gestion désintéressée de la question religieuse musulmane en Suisse, et notamment au niveau de la représentation cultuelle des musulmans. La tradition suisse, très marquée par le sécularisme dans le rapport entre l’Etat et la religion, doit être respectée en ce qui concerne les musulmans. Tant que les musulmans agissent dans le cadre des lois, ils doivent être libres et indépendants pour s’organiser, former leurs cadres religieux et construire leur expression religieuse fidèle à leur tradition. Toute ingérence politique intérieure ou extérieure ne peut que trahir les principes d’égalité juridique entre les différentes confessions. La présence musulmane en Suisse est une chance permettant de construire une identité suisse riche d’un patrimoine culturel et religieux diversifié, ce qui donne à cette identité une dimension planétaire.

La construction d’une nouvelle identité suisse unie et juste est une belle entreprise qui a besoin de toutes les forces vives. A l’ère d’une mondialisation globalisante et envahissante qui caractérise notre époque, nous devons confirmer des repères qui donnent à l’Homme l’espoir et lui garantissent la paix et la solidarité.

Nous avons besoin certes de partir des acquis de l’Histoire, mais surtout d’insister sur le présent tout en en se projetant dans l’avenir.

 

01:03 Écrit par Charly Schwarz | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : suisse, religion, identité, musulmans | |  Facebook

Commentaires

Parce qu'il y a une ancienne identité suisse !
La Suisse c'est tout sauf l'identité, c'est le dénigrement de tous les symboles fondateurs de cette nation.
Où sont ils, les Guillaume Tell, les majors Davel, les Durrenmatt, dans les tiroirs des fiches fédérales avec celui de l'immigré Papou de l'immeuble voisin ?
Dans un gigantesque coffre-fort blindé de tous les côtés, peut on encore trouver des reperds avec le monde extérieur ?
Non la Suisse est tellement isolée, selon le souhait des banquiers et autres assureurs dominant et rampant, qu'aucune forme identifiable ne peut s'en dégager. L'obscurité total, le vide !

Écrit par : corto | 10/12/2009

Après une identité construite sur des mythes, le temps d'une construction, d' une nouvelle construction est arrivé !

Écrit par : Charly Schwarz | 10/12/2009

Charly, il ne faut pas vouloir retirer au savetier sa joie de siffler des airs joyeux sans se débarrasser de nos vides de l'âme.
Non, la Suisse n'est pas en train de faire cette construction, au contraire, elle sera l'un des peuple de cette planète parmi les plus touchée par le vide de l'âme !
Sauf, peut être les Armaillis et les paysans de haute montagne !

Écrit par : corto | 10/12/2009

Genève n'a plus de véritable identité. Dans le reste de la Suisse, il existe toujours une certaine idée identitaire et d'appartenance suisse (comment expliquer alors les 57% de oui à l'initiative minarets??). Il ne faut pas faire d'une exception une généralité. La Suisse, c'est avant tout les gens de la terre, et non des villes, et encore moins des villes de Romandie...
Je constate avec déception cette tendance visant à ôter une certaine identification suisse, certes peu saisissable, pour la remplacer aussitôt par des éléments identitaires étrangers. Cela n'a qu'un but, celui de nier les origines de nos ancêtres.

Écrit par : Bob | 10/12/2009

Pour que nous retrouvions une identité, il serait préférable de ne pas être dans un état destructeur, regardez les artistes genevois, les petits entrepreneurs, toutes les personnes désirant créer des projets, des entreprises, un seul conseil, cassez-vous loin de Genève, allez créer ailleurs, içi, si vous tomber dans les mains des PDC ayant la main mise sur les aides aux développement et à l'encouragement de projets, il ne vous laisse même pas le slip, ils se partagent les subventions cantonales et fédérales et vous jettent comme des mer... !
A part les assureurs et les banquiers et autres voyous tenant le haut du pavé et ne laissant personne d'autre approcher le club restreint des ratisseurs de notre économie !

Écrit par : corto | 11/12/2009

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