22/12/2009

Reconnaissance / Multiculturalisme

La reconnaissance est un besoin humain vital et constitue une des clefs de la vie en société.

Cette poussée de la reconnaissance s’est faite sur l’effondrement des hiérarchies sociales qui avaient pour fondement l’honneur, et par l’irruption de la notion de dignité et celle d’idéal d’authenticité.

Le discours visant à établir une politique de la reconnaissance a cependant abouti à deux versions antagonistes.

Le passage de l’honneur à la dignité a contribué à valoriser une politique d’égale dignité entre les hommes ; l’idéal d’authenticité a plutôt mis en lumière la nécessité de sauvegarder les différences.

Alors que la politique de dignité universelle a d’abord mis l’accent sur la lutte contre les discriminations, la politique de la différence prône un traitement différentiel entre les différents groupes pour rétablir un équilibre, une équité.

Dans le premier camp, il s’agit d’insister sur un potentiel humain universel ; dans l’autre, on précise que ce potentiel universel consiste d’abord dans le fait de « former et définir sa propre identité».

Du coup, une exigence nouvelle est en train de voir le jour.

D’un côté, il s’agit d’être aveugle aux différences, de l’autre, de favoriser la particularité.

09:17 Écrit par Charly Schwarz | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : politique, geneve, culture | |  Facebook

Commentaires

Question: Genève est encore une ville suisse, non?

Où est le fédéralisme ici? dès lors que des questions françaises

telles celles de l'intégration des ressortissants d'anciennes colonies et de l'identité nationale
déteignent sur les habitants de Genève ?

Difficile de démêler votre objectif de votre approche, Charly.

Ou bien posez-vous cette autre question:
Quelle place reste-t-il aux suisses à Genève, sous la déferlante d'une surpopulation d'immigrants tous azimuts ?

A propos: merci pour vos textes où nous pouvons répondre & vous questionner sans craindre la censure
- ce qui n'est pas le cas ici avec les blogs de bien des immigrants genevois tels ceux des frères Ramadan.
Ce qui n'est pas

Écrit par : najya | 22/12/2009

Pardonnez, mais c'est assez "salade" votre texte.

La « reconnaissance », terme très à la mode depuis quelque temps et typique de la rhétorique néolibérale, est une stratégie d’affaiblissement de l’Etat par le communautarisme. Par conséquent un instrument de destruction des Etats par l'intérieur, redoublement la destruction extérieure par la mise en concurrence généralisée.

La « reconnaissance », en général réclamée à hauts cris par les représentants autoproclamés d’ « identités » forgées de toute pièces, est le stade qui précède la revendication prétendument « culturelle » : c’est ainsi que le sacro-saint « droit à la différence » aboutit à obtenir des différences de droit. Des passe-droits, autrement dit.

Il fut un temps où les radicaux défendaient l'Etat. Antiquis temporibus...

Écrit par : yves scheller | 22/12/2009

@Yves,
lisez le 3ème paragraphe, ce billet est un simple constat. Et si le communautarisme serait la seule critique non marxiste au libéralisme ?

Écrit par : Charly Schwarz | 22/12/2009

@ Yves, permettez ce complément…

Je vois bien qu’il y a chez Rousseau, derrière l’affirmation d’égale dignité des individus, le refus de toute forme bilatérale de dépendance qui trouve son issue dans l’acceptation paradoxale d’une dépendance féroce à la loi et à la volonté générale.

Écrit par : charly schwarz | 22/12/2009

@ Charly

Le communautarisme comme seule critique non marxiste au libéralisme ?

D'abord, distinguons le libéralisme, fondamental pour nos libertés individuelles, du néo-libéralisme, qui est le cléricalisme le plus dangereux du moment. Ce qu'on appelle par euphémisme le néo-libéralisme est justement une menace pour nos libertés.

Et pas là même je réponds : le communautarisme est un discours et une pratique d'accompagnement du néo-libéralisme. La seule critique opératoire actuellement du néo-libéralisme, c'est la république.

Que les radicaux défendaient jadis. Jadis.

Pour vos propos sur ce malheureux Rousseau, je ne comprends pas bien. Si vous appelez "refus de toute forme bilatérale de dépendance" son refus des parlements comme intermédiaires nuisibles à l'expression spontanée de ladite volonté générale, c'est évidemment un prodrome de l'Etat-miroir cher aux communautarismes. Rousseau est protestant jusqu'aux moëlles : il refuse toute hiérarchie.

A mon humble avis, ce n'est pas une bonne idée.

Qunt à la dépendance de la loi, c'est l'autre nom de la liberté. "La liberté consiste à obéir aux lois que nous avons choisies". Montesquieu. La prétention à ne dépendre d'aucune loi, c'est, comme disait - à peu près - Robert Hainard, la liberté des chiffes molles.

Écrit par : yves scheller | 22/12/2009

Mais les droits fondamentaux ne suffisent pas à garantir une réelle liberté des individus qui réclament légitimement des options de vies concrètes.

Le multiculturalisme fait de cette revendication qui droit qui vient prendre à contre-pied la doctrine néo-libérale.

Écrit par : charly schwarz | 22/12/2009

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