19/04/2010

La révolution silencieuse des femmes arabes

femme arabe.jpg Les femmes musulmanes sont confrontées à un conflit personnel ; combiner la vie traditionnelle et moderne et vie professionnelle/vie privée.


L'image des sociétés arabes reste dominé par un déterminisme supposé religieux imposé par les structures patriarcales immuables, répond à une vision de l'Occident qui n'est pas conformément exact à la réalité. Des systèmes politiques pratiquement inchangés avec de graves carences démocratiques contribuent à maintenir cette perception.

Une des hypothèses les plus profondément enracinée en occident est l'immutabilité du paradigme patriarcal dans la structure sociale des pays arabes, ainsi que son explosion démographique supposée et de la vulnérabilité ou la subordination des femmes dans la famille.

Le développement de l'urbanisation, l'éducation des femmes, le ralentissement démographique, le succès de la planification familiale et l'intégration des femmes dans la sphère publique et du travail obligent à de profonds changements.

Cela implique une plus grande autonomie des femmes tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de la maison. C’est une étape très importante vers leur émancipation.

La transformation de l'espace social et de la famille arabe n'a pas encore atteint son point culminant, mais elle est, aujourd'hui dans une dynamique irréversible.

Si des questions comme le divorce sont considérés favorablement, d'autres tels que la cohabitation ou la perte de la virginité avant le mariage est «intolérable».

Suivant le frein de la tradition, les réactions patriarcales aux changements sociaux sont inévitables, mais en dépit de son influence à long terme ou à moyen terme, elles ont perdu la bataille.

Une étude (Femmes et familles dans les sociétés arabes actuelles) montre que les pays arabes, mais toujours avec des exceptions, font face à des facteurs qui ont eu lieu dans tous les processus d'autonomisation des femmes. Les mêmes combats silencieux que ceux menés par les femmes occidentales dans les années 60’.

10:07 Écrit par Charly Schwarz dans Culture, Femmes, Général, Histoire, Politique, Résistance, Spiritualités | Lien permanent | Commentaires (10) | |  Facebook

Commentaires

La loi n'impose pas aux femmes de porter le voile en Tunisie, Algérie, Maroc, en Egypte et en Turquie, pourtant il y a une volonté collective librement consentie des femmes de le faire et la pression de la société semble assez efficace. Ce climat de terreur empêche tout débat sur sa légitimité religieuse. En Egypte les porteuses de niqab (voile intégrale), les hommes et même des gamins invectent et font des sermons pour que celles non voilées kle fassent dans les lieux publics, peu importe que vous soyez chrétiennes coptes ou musulmanes laïques. Seules les Khawagats (européennes) sont encore protégées. L'emprise des religieux a réussi à clore le débat car en public les femmes disent dorénavant que c'est "un choix personnel" ou "parce ce que Dieu l'a voulu ainsi" ou "parce que la religion me l'ordonne". En privé, c'est plus une question d'identité, de se différencier culturellement de l'Occident mais aussi pour ne pas se différencier des autres car toutes les amies sont voilées ou encore parce que les femmes voilées sont mieux écoutées et plus banalement pour trouver un mari. En dernier lieu, il y a celles qui sont plus politisées par militantisme contre Israël et les Etats-Unis.... et certaines femmes mettent le voile "en attendant que la tempête islamiste passe".

Écrit par : demain | 19/04/2010

Merci Mr. Schwartz pour votre billet. Je rajoute une chose que beaucoup ici, ont de la peine à saisir : dans le monde arabo-musulman, le nombre de femmes cultivées et émancipées est très important! Bien sûr, la question se pose sur l'interprétation qu'on donne au mot émancipation et culture. Si, émancipée veut dire avoir fait des études, obtenue de très bons diplômes universitaires ou autres, avoir un bon poste de travail, disposer librement de son argent, avoir sa propres voiture, faire du sport, partager équitablement les tâches dans un couple, alors oui, je témoigne que beaucoup de femme le sont chez nous, à commencer par ma propre mère qui est à la retraite maintenant après une carrière d'enseignante, et qui a encore toutes ses facultés! Par contre, si l'émancipation veut dire, coucher à gauche et à droite avec qui on veut, amener ses amants chez ses parents, boire de l'alcool, prendre de la drogue, ne pas respecter sa famille pas plus que sa vie de couple, sortir avec les copines dans les discothèques ou les bars quand on veut et surtout contre l'avis de son mari, habillée sans l'être vraiment, sans aucune pudeur ni retenue, pour monter qu'on est belle et désirables aux hommes de la terre entière, avoir un amant etc... c'est clair dans ce cas-là, qu'on a pas la même interprétation (pour l'homme c'est la même chose!). Quant au niveau de la culture, je suis désolée, cela va faire bientôt seize ans que je suis en Suisse, et des femmes ayant une culture vraiment riche, je les comptes sur les doigts de la main!

L'Islam n'entrave en rien cette émancipation-là, par contre l'autre oui, et c'est cela qui fait enrager les ennemis Ô combien nombreux!

Autre chose, je témoigne aussi que dans tous les pays arabo-musulmans, et surtout du Maghreb, on trouve de toute les tendances. On trouve des plus pieux aux plus dépravés, qui choqueraient les moins religieux des chrétiens! Chacun est libre de faire ce qu'il veut de sa vie du moment qu'il n'impose pas son MODEL aux autres! Il n'y aura DEFINITIVEMENT JAMAIS une société pieuse ni chrétienne, ni juive ni musulmane, ni ici ni dans le monde arabo-musulmans, donc ne vous inquiétez pas! Par contre, il faut respecter le choix de celles et ceux qui refusent de suivre la majorité comme des moutons, tant qu'ils ne vous imposent RIEN! Chacun a le droit de choisir son mode de vie!

C'est dingue comme on respecte celles qui rejettent leur culture et surtout l'Islam (encore une fois, c'est leur choix, et elles sont très nombreuses chez nous, et mènent leur vie en toute liberté, je le sais et j'en connais pas mal au Maroc) et on est prêt à les mettre sur un piédestal! Mais il faut aussi respecter et donner la parole à celles qui ont choisi l'Islam comme religion et ne pas les frapper d'ostracisme!

Écrit par : zakia | 19/04/2010

Est-il possible d'avoir l'adresse de l'étude citée. N'oubliez pas chers blogueurs que l'intérêt des blogs est aussi de diffuser la connaissance. Pour créer un lien hypertexte, voyez ici http://webzine.blog.tdg.ch/archive/2008/07/16/creer-des-liens-hypertextes.html

Écrit par : JF Mabut | 19/04/2010

Le travail est co-édité par « Casa Árabe » et « Edicions Bellaterra »
ISBN 13: 9788472904781

Écrit par : charly schwarz | 19/04/2010

Monsieur Schwarz;

Dites moi, et j'espère recevoir une réponse de votre part, comment cela se fait il qu'à mon arrivée en Suisse, j'étais considérée comme une émancipée, je ne portais pas le voile. Au Maroc, j'avais plus de liberté que les filles d'ici.
je sortais le soir et n'avait même pas besoin de demander la permission. Je m'habillais comme je voulais.

Ma mère née en 1939 a eu son permis de conduire à ses 18, ans, ce fut mon cas aussi. Ma mère a toujours travaillé.

Pourquoi généraliser? que veut dire pour vous l'émancipation? Vous êtes un homme de terrain quand même, il n'y avait pas besoin d'une simple traduction

il se peut que ce qui vous convient, ne me convient pas forcément, est ce pour autant, dois-je me considérer supérieure à vous? ou le contraire?

Écrit par : Fatima | 19/04/2010

Fatmima, toutes vos réponses se trouvent dans l'étude "Femmes et familles dans les sociétés arabes actuelles" où il n'est jamais question d'une supériorité d'un monde sur l'autre.

Écrit par : Charly Schwarz | 20/04/2010

Quelle irresponsabilité de la musulmane qui porte la niqab et qui conduit sa voiture. Lors d'une émission de TV, cette personne naïve, inscousciante qui fait passer ses propres désirs vestimentaires avant la sécurité des autres le reconnaissait.

Écrit par : oceane | 20/04/2010

Fatmima, j'aime bien!

vous n'avez pas répondu à ma question, j'aurais souhaité avoir votre point de vue. Vous voyagez, vu votre position politique, vous rencontrez du monde.
Je ne nie pas l'intégralité de cette étude. Tout de même je soulève un point: pourquoi toujours généraliser?

Vous parlez du monde arabe global, toutefois, moi qui suis marocaine, j'ai grandi à Casablanca, il m'est difficile de cautionner ce type de généralité.
Ma belle-mère travaille, mes parents sont divorcés, elle occupe un poste cadre dans les fermes royales. Ma sœur, malgré son jeune âge travaille, a sa propre voiture. les sœurs de ma belle mère travaillent aussi, sont très indépendantes et vivent dans leurs appartements qu'elles ont achetés de leur propre argent. Elles sont toutes célibataires.

Ce type d'études met les grandes villes, bled ou village dans le même sac, d'où mon refus catégorique.

Les reportages qui parlent des villes touristiques au Maroc montrent des femmes émancipées, je ne comprends pas.

Écrit par : Fatima | 20/04/2010

Tout ce qu'on peut lire dans les livres, dans les journaux, ou au gré des enquêtes les plus exhaustives, ne remplacera jamais l'expérience vécue par soi-même en voyageant au contact des populations que l'on prétend considérer.
Nous sommes à ce point inondé de virtuel, que la menace de vivre par procuration nous guette, désormais.

Ceci pour dire, à tout ceux qui se nourrissent d'idées toutes faites ou formatées en fonction de préjugés acquis, partez à la découverte du monde, musulman ou autre, non pas en voyage touristique organisé, et à travers cet "Autre" vous ne rencontrerez en fin de compte qu'un autre vous-même.

Même en terre d'islam, vous vivrez tout et son contraire, au même titre que chez vous. Mis à part l'Arabie Saoudite et quelques autres contrées verrouillées politiquement, le monde musulman de par le monde offre toute la variété des comportements que l'on peut imaginer.

Écrit par : Santo | 20/04/2010

Santo,

Merci pour votre commentaire, vous avez indirectement répondu à ma question et vous me voyez soulagée car je pensais me faire des idées.

Je sais que mon vécu est différent de certaines femmes arabes, je n'ai pas été brimée au Maroc, loin de là. Mes parents ont toujours respecté notre sphère privée et nous ont poussé à persévérer. Pour mon père, la femme exemplaire est celle qui travaille et si c'est possible, renonce à fonder une famille.

Dans ma classe, il y avait des filles dans mon cas, et d'autres tout à fait le contraire. J'ai connu plusieurs filles ambitieuses et d'autres par contre, déjà vers les 13 ans 14 ans, ne pensaient qu'au mariage. Elles étaient conditionnées de la sorte.

je n'ai eu souvent que des enseignantes femmes, je suis née en 1968, ce qui prouve l'émancipation des femmes marocaines.

Écrit par : Fatima | 20/04/2010

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