25/04/2010

Existe-t-il une identité suisse… un esprit suisse ?

suisse.jpg Sur le site Internet de la Confédération, nous pouvons lire ceci : « La Suisse est un l'un des plus anciens Etats du monde. Il y a plus de 700 ans, les habitants des vallées d'Uri, de Schwyz et d'Unterwald, se rebellèrent contre les Habsbourg et leurs velléités hégémoniques. Selon le mythe fondateur, les conjurés signèrent un pacte d'assistance mutuelle sur la prairie du Grütli, au bord du lac des Quatre-Cantons, le 1er août 1291. »


Personnellement, je situe en 1848, date de la constitution qui crée un gouvernement centralisé et lui livre des pouvoirs qui incombaient jusqu'alors aux cantons, la naissance d’une Suisse construite, d’un état moderne.

Mais, je ne pense pas qu’il existe une identité suisse fondée, les identités sont cantonales. Comme il n'y a pas à proprement parler d'histoire suisse avant 1848.

Certains présentent la langue comme étant le ciment de l’identité nationale. Si cet argument a une quelconque valeur, il ne peut être utilisé en Suisse, puisque le pays compte quatre langues nationales.

La religion non plus. Si le catholicisme rassemble 3 millions de fidèles, les protestants en comptent 2,4 millions. Quant à la communauté musulmane, elle ne représenterait qu’un peu plus de 300 000 personnes, en majorité des ressortissants turcs et de l’Ex-Yougoslavie.

Alors, qu’utiliser pour affirmer l’identité suisse…

Le drapeau, l’hymne national, le secret bancaire, la pureté des paysages, la neutralité, le chocolat au lait ?

Construire (reconstruire) une identité est une belle entreprise qui a besoin de toutes les forces vives. A l’ère d’une mondialisation globalisante et envahissante qui caractérise notre époque, nous devons confirmer des repères qui donnent à l’Homme l’espoir et lui garantissent la paix et la solidarité.

18:19 Écrit par Charly Schwarz dans Culture, Général, Genève, Histoire, Politique, Spiritualités, Suisse, Vaud | Lien permanent | Commentaires (9) | |  Facebook

Commentaires

Si il y avait un esprit suisse, il serait quadrilingue, en matière d'esprit, si nous nous satisfaisions d'un esprit suisse romand sous domination suisse alémanique !
Quand à l'identité, le débat identitaire me laisse penser que plus le monde se "mondialise" s'unifie, plus le ressentiment d'égarement se fait ressentir !
Donc ce petit pays avec toutes ses particularités, regarde le reste du monde perdu, avec ses mêmes certitudes obsolètes !

Écrit par : Sabourjian | 25/04/2010

Je pense qu'on n'a pas besoin de se demander quel identité, la Suisse a. Elle l'a tout simplement.

Malgré les cantonalisme, nous avons un fond Suisse, parce que demander à un Valaisan si il est Français, il vous dira qu'il est Suisse.

On née Suisse ou on le devient en contribuant à notre pays. L'identité est multiple et ne peut pas se mettre dans un bocal

Écrit par : Un Suisse | 25/04/2010

Le jour où la majorité des Suisses sauront ce qu'il se passe dans leur pays, en leur nom, il y aura une identité, mais malheureusement nous vivons dans un pays dans lequel notre identité est usurpée au profit de saletés vis-à-vis desquelles nous ne sommes pas tous conscients, c'est un pays à double-fonds, un pays avec lequel il est très compliqué de se construire une identité, nos autorités essayent bien de nous en coller une, celle de citoyens silencieux et ne faisant pas d'histoires, l'identité de ceux qui la mettent en veilleuse et qui se prennent des salaires moyens engloutis le 25 du mois, celle de ceux sur qui une bande de criminels pillent la planète entière de tous les fonds sales, si nous avons une identité, c'est celle d'égoutiers de la finance sale, tout ça engloutit dans le nougat social helvétique !
Le monde entier nous traitent de voleurs, de complice de leurs tortionnaires sanguinaires et nous, je parle des Suisses entrepreneurs et propres, nous devons porter à bout de bras ce tas immondices et il serait temps d'arrêter ce cirque malsain et sans filet !

Écrit par : Sabourjian | 25/04/2010

Si l'on prend la peine de comparer l'Histoire des Suisses avec l'Histoire de n'importe quël pays au monde, force est de constater que cette Histoire est fondamentalement différente des autres: En Suisse, le pays n'a jamais été unifié par un prince, un roi, un roitelet ou quoi que ce soit du genre. Il s'agît beaucoup plus de communautés qui se sont librement arrangées au cours des siècles, qui ont évolué au même rythme et qui ont fini par fonder une nation de leur plein gré. Nous n'avons pas eu de Garibaldi ou de Bismark ou même de Washington, seulement des gens et des populations passablement anonymes qui se sont forgés un destin commun et qui continuenet de le faire. A y bien réfléchir, c'est passablement unique au monde

Écrit par : J.C. Simonin | 25/04/2010

" Existe-t-il une identité suisse… un esprit suisse ? "

Se poser ce genre de questions devrait nous inciter à lire ou à relire Denis de Rougemont, notamment "La Suisse ou l'histoire d'un peuple heureux".

A cette question, Denis de Rougemont répond - je cite de mémoire - "C'est l'union dans la diversité".

Contrairement à la plupart des autres pays, la Suisse ne s'est pas construite sous la contrainte d'un monarque autoritaire, elle n'est pas non plus le fruit d'une conquête militaire menée par quelque puissance étrangère. Si l'on excepte peut-être la conquête du Tessin par les "Waldstätten" au Moyen-Age pour contrôler le passage du Gothard. La Suisse s'est créée par la seule volonté des cantons qui la constituent.

Ce qui caractérise peut-être le mieux la Suisse, son caractère pluriculturel mis à part, c'est la démocratie directe et le fédéralisme.

Notre modèle institutionnel actuel remonte à la Constitution fédérale de 1848, rédigée en un temps record au lendemain de la Guerre du Sonderbund. La Suisse fut alors le premier pays d'Europe qui réussit à supprimer les institutions politiques liées à "l'Ancien Régime" et tous les privilèges qui en découlaient.

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 25/04/2010

Ne remontant pas trop dans cette histoire, car elle ne se distingue pas avec le temps, quand à Denis de Rougemont, il a dû s'exiler et ce n'est pas la Suisse de l'époque qui lui a transmit son éthique, loin de là, de plus quel est intellectuel suisse romand qui honorerait sa mémoire ?
Il y avait bien Chessex, mais son dernier livre à été interdit de vente dans son Payerne natal, non, le conformisme aveugle des Suisses ne leur permet pas de se consacrer à un travail d'identité. Identité signifie, remise en question, or la Suisse est le recordman mondial de la non-remise en question, tout y passe, les esclandres de ces politique en avion de la confédération, les arrestations surréalistes de génie étrangers avec des motifs en totale contradictions avec les moeurs de ses propres concitoyens, des milliers de jeunes Suisses victimes d'abus commit dans une impunité sans fuite, des crises faisant croire à des test in-vitro à l'échèle nationale, comme pour tester jusqu'a quel point de rupture le peuple suisse est complétement soumis aux dictats de son oligarchie, tous le contraire que la Suisse des Waldstätten ! Tout le contraire de Guillaume Tel, de Winkelrid, de Davel ou de Denis de Rougemont, tous avalés, digérés par les nouveau dieux de la finance souterraine !

Écrit par : Sabourjian | 26/04/2010

Il était un temps que n'importe quel pékin pluvait pénétrer dans le Palais fédéral et aller s'assoir et suivre les débats du conseil national ou des Etats. C'était le temps où les conseillers fédéraux se rendaient au boulot en tram, sans gardes du corps. Ou plutôt, il avaient 4,5 million de gardes du corps.
Il y a une année de cela, j'ai été présent au procès d'un brave artisan fribourgeois au Tribunal de la Sarine: fouille en règle à l'entrée, par un détachement de la police cantonale, dans la salle, deux flics en civil, à surveiller étroitement un public de terroristes sexagénaires - j'ai plus de 70 ans. C'était rigolo et tout simplement pathétique.
D'un côté, nous avons une masse de citoyennes et de citoyens toujours plus éduqués et informés et partant, de plus en plus critiques. De l'autre côtö, une masse de politicos de plus en plus cons et divorcés du monde réel.
Ayant constaté ces faits, il ne nous reste plus qu'à se mettre sur les pattes de derrière et à offrir une résistance telle que les autorités, avant tout les autorités judiciaires, soient contraintes d'en tenir compte.

Écrit par : J.C. Simonin | 26/04/2010

Il faut simplement interroger les passants vous verrez à quel point la Suisse n'a pas d'identité...pas de fierté nationale...rien à quoi se rattacher et en être fier...les disparités et les différences entre personnes ne faisant que se creuser de plus en plus, le phénomène ne risque pas d'évoluer de si tôt...

Écrit par : lyonnais du 69 | 26/04/2010

C'est en passant quelque temps ä l'étranger que l'on comprend ce que cela signifie d'être en Suisse, d'être suisse.
70% des Allemands, des Français, des Britanniques sont contre l'engagement de troupes en Afghanistan. Et ces démocraties envoent des soldats censés apporter la Démocratie (majuscule) à ces peuples arriérés.
La plus forte communauté étrangère à Zurich est allemande. Tous les Allemands qui le peuvent foutent le camp.
Il est parfaitement certain qu'il existe une crise de civilisation. Ainsi qu'un clivage entre les manadgères et les spéculateurs, les banquiers d'un côté et la population de l'autre: On ne comprend pas par exemple comment un triste individu tel que Martin Hellweg, qui a totalement démoli Swissmetal à Reconviliers, peut obtenir un poste d'enseignant à l'Université de Berne... C'est à chacun d'entre nous de s'affirmer. en fin de compte, chacun de nous se fait son propre enfer...

Écrit par : J.C. Simonin | 26/04/2010

Les commentaires sont fermés.