14/12/2010

Gouvernement de compromis(sions)

Aujourd'hui, il semble incontestable que la démocratie représentative connaît de nombreuses limites qui se traduisent par une véritable crise de la représentation politique.

Cette crise est multiple : elle présente de nombreux facteurs et donne lieu à diverses manifestations de la volonté des citoyens de participer à la vie politique.

Il s'agit alors de se poser la question des remèdes possibles qui pourraient limiter partiellement, voire mettre définitivement fin à cette crise, avec une réforme de la démocratie représentative actuelle ou encore la mise en application d'une démocratie plus participative.

Actuellement, la représentation proportionnelle des partis a tendance à morceler le paysage politique, ce qui devrait permettre à l'électeur d'avoir du choix, mais avec notre mode de gouvernement, cela est plus compliqué.

En effet, il faut faire des compromis, des alliances, renoncer à certains points de son programme, or l'électeur a voté pour un programme précis, il se voit donc trahi quand son parti abandonne des points de son programme.

Ces alliances se font après les élections, donc dans le dos de l'électeur, contrairement au scrutin majoritaire où les alliances se font avant les élections : l'électorat en est donc informé avant de voter.


De plus, dans un parlement représentatif, les partis extrémistes peuvent devenir des voix déterminantes pour imposer certaines de leurs idées.

15:29 Écrit par Charly Schwarz dans Général, Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook

Commentaires

Vous avez tout à fait raison. Je me suis souvent senté trompé, voire trahi, par les alliances post-électorales.
Néanmoins notre système a deux énormes avantages.
D'une part il n'y a aucun parti majoritaire au gouvernement. Il y règne un certain équilibre entre la gauche, le centre et la droite, et (je l'espère), les décisions importantes sont prises en commun. Ce qui nécessite évidemment des compromis.
D'autre part le peuple ne vote pas que pour élire ses députés, mais il vote aussi sur des projets, ce qui est unique dans le monde.
Regardez ce qui se passe dans tous les autres pays. Un parti est au pouvoir. Et s'il ne peut être le seul, il doit s'allier à une autre parti mais ceci sans le consentement des citoyens. Puis lors de nouvelles élections, le nouveau parti au pouvoir va tout chambouler. La gauche remplace la droite et inversement. Et pour être élu on fait des promesses tout en sachant qu'elles sont inatteignables. Il s'en suit un cafouilli général et le peuple en fait les frais.
Dans de telles démocraties, le peuple n'a plus que 2 droits : celui d'élire puis celui de manifester et de faire grève. Ce sont ce que j'appelle des démocraties totalitaires où l'Etat a tous les droits et le peuple n'a qu'à se taire ou manifester sa colère.
Regardez ce qui se passe en France, en Italie, et même aux USA où l'on peut craindre qu'Obama se fasse assassiner.
Par contre, notre problème me semble plus être un problème de cohésion et de communication. Chaque ministre travaille dans son coin sans trop se préoccuper des autres. Merz, Leuenberger, Calmy-Rey, Leuthard, etc. tous chacun pour soi. C'est du moins l'impression qui règne.
De plus, certains ministres semblent ne pas maîtriser leurs dossiers. Leurs interventions à la TV me laissent souvent songeur. Sous le feu des questions ils hésitent et cafouillent. Est-ce la langue, la timidité ou la méconnaissance des dossiers ?
Et enfin ils ne sont pas "percutants". Face à un Kadhafi, un Steinbrück ou un Obama, ils ont tous tendance à baisser leurs culottes et à n'agir qu'en rampant, par des voies détournées. Ils évitent à tout prix l'affrontement (ce qui fait partie du jeu politique, mais jusqu'à un certain point). Eduqués aux consensus, aux compromis et aux concessions mutuelles, ils sont perdus face à l'affrontement direct.
Voilà ce que je pense. Et je peux vous dire qu'ayant vécu plus de 40 ans en France, je préfère le système Susse (malgré ses lacunes) au système Français. Car finalement entre un oeuf en plâtre et un oeuf en caoutchouc, quel est celui qui pètera le premier si on le laisse tomber par terre ?

Écrit par : Lambert | 14/12/2010

Vous avez tout à fait raison. Je me suis souvent senté trompé, voire trahi, par les alliances post-électorales.
Néanmoins notre système a deux énormes avantages.
D'une part il n'y a aucun parti majoritaire au gouvernement. Il y règne un certain équilibre entre la gauche, le centre et la droite, et (je l'espère), les décisions importantes sont prises en commun. Ce qui nécessite évidemment des compromis.
D'autre part le peuple ne vote pas que pour élire ses députés, mais il vote aussi sur des projets, ce qui est unique dans le monde.
Regardez ce qui se passe dans tous les autres pays. Un parti est au pouvoir. Et s'il ne peut être le seul, il doit s'allier à une autre parti mais ceci sans le consentement des citoyens. Puis lors de nouvelles élections, le nouveau parti au pouvoir va tout chambouler. La gauche remplace la droite et inversement. Et pour être élu on fait des promesses tout en sachant qu'elles sont inatteignables. Il s'en suit un cafouilli général et le peuple en fait les frais.
Dans de telles démocraties, le peuple n'a plus que 2 droits : celui d'élire puis celui de manifester et de faire grève. Ce sont ce que j'appelle des démocraties totalitaires où l'Etat a tous les droits et le peuple n'a qu'à se taire ou manifester sa colère.
Regardez ce qui se passe en France, en Italie, et même aux USA où l'on peut craindre qu'Obama se fasse assassiner.
Par contre, notre problème me semble plus être un problème de cohésion et de communication. Chaque ministre travaille dans son coin sans trop se préoccuper des autres. Merz, Leuenberger, Calmy-Rey, Leuthard, etc. tous chacun pour soi. C'est du moins l'impression qui règne.
De plus, certains ministres semblent ne pas maîtriser leurs dossiers. Leurs interventions à la TV me laissent souvent songeur. Sous le feu des questions ils hésitent et cafouillent. Est-ce la langue, la timidité ou la méconnaissance des dossiers ?
Et enfin ils ne sont pas "percutants". Face à un Kadhafi, un Steinbrück ou un Obama, ils ont tous tendance à baisser leurs culottes et à n'agir qu'en rampant, par des voies détournées. Ils évitent à tout prix l'affrontement (ce qui fait partie du jeu politique, mais jusqu'à un certain point). Eduqués aux consensus, aux compromis et aux concessions mutuelles, ils sont perdus face à l'affrontement direct.
Voilà ce que je pense. Et je peux vous dire qu'ayant vécu plus de 40 ans en France, je préfère le système Susse (malgré ses lacunes) au système Français. Car finalement entre un oeuf en plâtre et un oeuf en caoutchouc, quel est celui qui pètera le premier si on le laisse tomber par terre ?

Écrit par : Lambert | 14/12/2010

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