07/03/2011

La classe moyenne gagne trop pour profiter d'une aide de l'état, et ne gagne pas assez pour être à l'abri de soucis financiers…et supporte la charge fiscale maximum.

L’utilisation de la notion de classes moyennes n’est pas neutre et implique une certaine lecture de la réalité sociale.

Depuis longtemps, de nombreux discours philosophiques et politiques présentent la classe moyenne comme un pilier majeur de la société par leur rôle soit de moteur de changement social, soit de stabilisateur de la société et de son système politique.

Elle ne relève ni de l’élite dirigeante ni des simples exécutants. Elle constitue un groupe très hétérogène et dont le contenu varie selon la période historique considérée.

Au seuil de notre décennie, la classe moyenne s’installe au cœur du débat politique, essentiellement sous l’angle de la question des inégalités sociales et de leur prise en compte par le système de transferts sociaux et fiscaux.

Depuis la classe moyenne est très courtisée par les partis politiques, certains n'hésitant pas à se proclamer partis de la classe moyenne !

Mais le comportement politique de la classe moyenne varie beaucoup. Les analyses montrent qu'une partie d'entre elle vote à gauche, l'autre à droite.

Et le sentiment d'appartenance à la classe moyenne est très subjectif, et les gens ont tendance à tous vouloir se situer dans cette classe.

13:00 Écrit par Charly Schwarz dans Economie, Genève, Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (11) | |  Facebook

Commentaires

En effet, cette classe moyenne qui détermine les révolutions est souvent décrite en termes économiques alors que cela ne reflète pas le niveau d'éducation, ni l'orientation conservatrice ou réformatrice de cette population. Si la classe "moyenne" était larguée par les nouvelles technologies, par l'assurance maladie ou par la liberté de parole...les conséquences seraient diverses, ce sont des éléments devenus très importants et très différents. De plus, à Genève, héritage du Calvinisme, même un notable de la rue des Granges jouissant d'un grand patrimoine immobilier se réclamera probablement de cette entité alors que son pendant parisien s'en écarterait ostensiblement.

Écrit par : Charlieforpresident | 07/03/2011

Avant d'utiliser le terme classe moyenne à tord et à travers, je pense qu'il faudrait plus clairement le définir en terme statistique non ?

Ainsi, à votre avis, un ménage moyen gagne combien par mois ? Et si on rapport ce chiffre au revenu médian des ménages où se situe-t-il ?

Je pose la question clairement, certains élus de droite un peu hors de réalités ont tendance à placer la barre de la classe moyenne légèrement en plein au milieu de la classe aisée supérieur (p.ex Alain Jupé en France qui prétendait que le salaire moyen est de 4000€ alors que le revenu médian des ménages est aux alentour de 1500 €)

Bref, quel est selon vous le revenu qui caractérise un ménage moyen ?

Écrit par : Dji | 08/03/2011

La classe moyenne, ce n'est pas le revenu d'un ménage moyen, Dji, une classe, ce n'est pas une seule personne ! Et le revenu médian, ce n'est pas le revenu de la classe moyenne. En termes sociologiques, la classe moyenne c'est ce qu'il y a entre les pauvres et les riches.
Partant de là, c'est en termes de fourchette de revenus que l'on peut chiffrer la chose, en sachant que c'est évidemment variable selon ses goûts et ses couleurs politiques.
Personnellement, je différencie ceux que vous appellerez sans doute "riches", disons à 15 000 CHF de revenus bruts mensuels, soit un couple de profs, ou un(e) cadre sup seul(e) à travailler, des hyperriches, qui comptent en millions.
Je dirais qu'en dessous de 5000 CHF par mois, à Genève, on est pauvre et l'on paye d'ailleurs très peu d'impôts, et au-dessus de 15 000 CHF, on est riche et que plus on l'est, plus on peut payer moins d'impôts parce qu'on a les moyens de s'offrir des véhicules de défiscalisation (qui ne sont évidemment pas des bagnoles, encore que, elles ne sont pas comptabilisées en fortune :-)
Bref, vous allez sans doute trouver ma définition de la classe moyenne très large, mais sociologiquement, cela fait sens et fiscalement, c'est elle qui supporte toute la progressivité de la charge.

Écrit par : Philippe Souaille | 08/03/2011

@Dji:
il n’existe pas de définition « objective » des classes moyennes. Libre à chacun de placer la barre où il l’entend.
Pour ma part, les classes moyennes se situent entre les 30 % les plus démunis et les 20 % les mieux rémunérés. Elles représentent 50 % de la population

Une étude récente affirme que le salaire brut médian était de 70'000.-/an

Écrit par : charly schwarz | 08/03/2011

On y vient tranquilement ... ok, ne considérons pas les ménages, mais les revenus de personnes ...

J'apprends qu'à 5000.- par mois, on est pauvre ... Ainsi, quand on parle de pauvre, on considère qu'il s'agit de la minorité de la population du bas de l'échelle des revenus, on est d'accord ? Cela devrait concerner peut de monde non, je sais pas moi, 10-20% du bas de l'échelle des contribuables ?

Bon, je vous épargne des recherches, en 2006 par exemple, à Genève, 50% des contribuables déclaraient un revenu imposable inférieur à 4700.- ! (75% avait un revenu imposable de moins de 7350.-/mois !)

Donc, accordons nous, je pense que la fourchette de la classe moyenne doit au moins inclure ce revenu médian non ?

Sinon, un couple d'enseignant, qui a au moins 10 ans d'ancienneté, ca gagne je pense plutot au minimum 20'000.- mensuel ...

Bref, muni de ces chiffres, que je corrige vers le haut pour parler de revenu brut, je dirai que la classe moyenne (=par moyenne j'entends "majorité", cette majorité que les politiciens souhaitent inclure dans leur vote en leur faisant croire qu'ils sont la "classe moyenne") et celle qui gagne en 4000.- et 6000.- par mois par personne.

Qu'en dites vous ?

Écrit par : Dji | 08/03/2011

Non Dji, la classe moyenne n'a pas forcément à inclure le revenu médian. Dans la plupart des pays d'Afrique, par exemple, on considère qu'il n'y a pas vraiment de classe moyenne ou qu'elle est très peu fournie. Parce qu'il n'y a que des pauvres et une poignée de riches.
le développement s'accompagne précisément du développement de la classe moyenne qui peut consommer, etc...
Il me semble évident, à moi, qu'un enseignant fait partie de la classe moyenne. Ce n'est pas un riche. Il gagne correctement sa vie, part en vacances etc... mais ne possède aucun des attributs de la richesse, sauf s'il en a hérité.
Par contre à 4000.- mois, je ne vois pas comment vous pourriez faire partie de la classe moyenne ??? C'est le salaire d'une caissière de supermarché, si elle travaillait à plein temps. Faire partie de la classe moyenne, ce n'est pas juste avoir un job. par ailleurs à ce niveau de revenu, vous avez encore droit à toutes sortes d'aides, auxquelles précisément la classe moyenne à priori n'a pas droit.
Mais bien sûr tout cela est une question de définition et de choix politiques.
Ceci dit, "classe moyenne" cela n'a strictement rien à voir avec "majorité politique"

Écrit par : Philippe Souaille | 08/03/2011

@Dji:
En référence à l’étude que vous citez, et au regard de ma proposition de définition ; les revenus imposables de la classe moyenne se situent entre 40 et 70'000.-/personne/an.

Écrit par : charly schwarz | 08/03/2011

Ok, nous sommes déjà 2 à nous être entendu sur une définition de la classe moyenne à genève, en terme de revenu : 40000 à 70000 par an.

Philippe, je peine à comprendre vos points de désaccord ... en effet, si je m'en tiens au fait que vous avez proposé 5000.- comme limite basse pour définir les "pauvres" et si on considère que 5000.- est justement le revenu médian, nous aurions à genève, pas loin de 50% de pauvre ... ceci devrait vous faire réfléchir à votre méthodlogie de raisonnement sur ce sujet qui me semble plus qu'alambiquée.

En effet, si la classe moyenne ne rapporterait pas à une sorte de majorité située entre les extrêmes de revenu, dont ma fourchette proposée semble correspondre, à quoi se rapporte-elle ?

Écrit par : Dji | 08/03/2011

@dji: le revenu imposable comprend toutes les déduction admises fiscalement, et ne correspond pas à la rémunération brute des personnes.

Consultez plutôt le lien suivant, concernant les statistiques 2008 par quartile:

http://www.ge.ch/statistique/tel/domaines/03/03_04/T_03_04_1_2_01.xls

50 % des Genevois (toutes branches et niveaux d'activité confondus) touchaient une rémunération brute supérieure à CHF 6'801 par mois (81'612 par an sur une base de 12 mois)

Seuls 25% touchaient moins de CHF 5'164 (61 968 par an).

Si on considère la classe moyenne comme les 50% d'actifs compris entre les 25% les plus pauvres et les 25% les plus riches (donc légèrement décalé vers le bas par rapport à ceux définis par M. Schwarz), il s'agit de ceux dont la rémunération brute est supérieure à CHF 62'000 et inférieure à CHF 115'000 par année et par personne.

Bien sûr ces critères font l'impasse niveau de la fortune nette, critère tout aussi importants (on peut avoir un salaire inférieur à celui d'un jeune cadre sans fortune par exemple, tout en disposant d'un important patrimoine immobilier hérité)

Écrit par : Punica Fides | 08/03/2011

Je vois qu'en Suisse, la définition de la classe moyenne pose autant de problèmes qu'en France. Apparemment, ce qui unit cette classe, c'est la peur du déclassement et la difficulté d'accéder à la propriété.

Écrit par : Middle | 04/05/2011

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