04/10/2011

Droit à la différence

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L’axiome selon lequel les espaces du racisme s’élargissent à mesure que l’identité nationale se contracte est confirmé dans un nombre grandissant de pays.

Ce constat invite à s’interroger sur les stratégies antiracistes actuelles dans un contexte marqué par une suspicion grandissante à l’égard de nouvelles catégories de « personnes à risques» rendu paradoxalement permanent à travers la manipulation de l’obsession sécuritaire.

L’essentiel n’est pas de trancher entre les thèses des communautariens et celles des libéraux, mais d’être conscient des possibles dérives du discours sur le droit à la différence quand celui-ci ne sert qu’à masquer un banal racisme.

17:44 Écrit par Charly Schwarz dans Général, Genève, Politique, Résistance, Suisse | Lien permanent | Commentaires (9) | |  Facebook

Commentaires

J'ai rien compris

Écrit par : L' Amer Royaume | 04/10/2011

C'est la prose de gauche, c'est normal.

Écrit par : Courant alternatif | 04/10/2011

Moi aussi mais ce n'est pas la première fois! Ayez pitié de nous, traduisez vos textes!

Écrit par : moi aussi | 04/10/2011

Charly ou l'art de traduire le clair en confus. Je sais pas ce que les "philosophes" de gauche prennent mais ça doit être sacrément puissant!

Écrit par : Captain | 04/10/2011

@Captain. C'est juste une dose d'intellligence.
@Moi aussi. En quelle langue ?
@Courant alternatif. Et même de droite, pour les gens qui savent lire.
@L'Amer Royaume. A découvrir dans mes prochain post.

Écrit par : Charly Schwarz | 04/10/2011

Sacré Charly! J'aime bien votre humour! Bon, si vous abandonniez pour une moment la philo et que vous nous traduisiez en bon français vos cogitations?

Écrit par : moi aussi | 04/10/2011

@Moi aussi. Promis !

Écrit par : Charly Schwarz | 05/10/2011

Traduction:

1ère phrase:
"L’axiome selon lequel les espaces du racisme s’élargissent à mesure que l’identité nationale se contracte est confirmé dans un nombre grandissant de pays."

Il arrive parfois, pour des raisons conjoncturelles, historiques, etc. que les individus qui fonctionnent sur un mode nationaliste xénophobe modifient les critères qu'ils considèrent comme essentiels pour savoir qui appartient à leur groupe national et qui par opposition est étranger ou différent.

On aura compris que le problème de l'exclusion se pose, lorsque cette modification va dans le sens d'une sévérité croissante dans l'octroi de l'appartenance catégorielle commune, en d'autres termes lorsque pour être considéré comme national on doit remplir plus de conditions que précédemment.

Cette modification des critères, donc des frontières subjectives du groupe produit un effet qui va au-delà de la simple réciproque mécanique qu'on peut attendre sur le rejet de l'autre. Bien sur, cela implique mécaniquement que moins de monde sera considéré comme membre du groupe national. Mais, cela modifie aussi subjectivement la perception des groupes ou sous-groupes de la société dans le sens d'une exacerbation de la saillance de ceux-ci. Des groupes qui n'avaient aucune pertinence ou visibilité dans le champ social, deviennent alors aussi des cibles du racisme. Leurs membres, considérés précédemment comme des individus et similaires aux nationaux, sont non seulement clairement exclus du groupe national, mais sont dès lors considérés comme membres de catégories particulières (et différentes) qui deviennent saillantes dans le champ social. Ces personnes sont alors victimes de racisme également.

De plus, le racisme peut lui aussi aller dans le sens inverse, puisque ces personnes nouvellement considérés (et se condisérant dès lors) dans le champs social comme membres de ces groupes peuvent eux aussi commencer à discriminer et revendiquer les particularités issues de ces groupes nouvellement importants.

2ème phrase:
"Ce constat invite à s’interroger sur les stratégies antiracistes actuelles dans un contexte marqué par une suspicion grandissante à l’égard de nouvelles catégories de « personnes à risques» rendu paradoxalement permanent à travers la manipulation de l’obsession sécuritaire."

Dans ce cadre, le contexte social en tant qu'idées politiques de fond ou en tant que souçis partagés par les citoyens change. D'une part, certains partis utilisant de façon obsessionnelle les enjeux sécuritaires, ces enjeux non seulement envahissent le champs du débat politique, mais deviennent le seul débat politique ou presque. Le problème est que la propagande et le force des médias aident à la formation de l'opinion publique. Il s'ensuit que d'un souçi que le citoyen pouvait avoir et dont s'emparent les politiques à des fins électorales, les politiques déterminent par l'omniprésence de ce contenu en tant que sujet de leurs propagande le souçi du citopyen comme étant celui-là.

D'autre part, le rapport à l'autre relativement à la sécurité glisse d'une conception individualisée des rapports (agresseur vs victime) vers le rapport entre les groupes concernés (musulman/dictateur vs national/victime; vous pouvez faire de même avec Kosovar, secundo, africain, Rom, etc.) certains partis utilisant de façon obsessionnelle les enjeux sécuritaires, ceux-ci non seulement envahissent le champs du débat politique, mais deviennent le seul débat politique ou presque.peu importe la dénomination du groupe ciblé par les nationaux) et maintenant saillants face à ceux qui se définissent sur la base de l'identité nationale recluse et réduite. Ce qui implique de la part de ces derniers une augmentation des croyances dans une sorte d'essentialisation criminelle des autres sur la base de leur appartenance de groupe. Lorsque un nouveau groupe apparaît subjectivement dans le champ social, on attribue à ses membres les caractéristiques stéréotypiques du groupe, et on définit par là-même ces caractéristiques. Dans un climat social qui insiste sur le sécuritaire, ces groupes deviennent "intrinsuèquement" criminels ou dangereux dans la croyance que peuvent en avoir les nationaux. C'est un phénomène qui prend le nom d'essentialisation des groupes.

Il s'ensuit des traitements discriminatoires contre les gens sur la base de leur appartenance catégorielle. On lutte dès lors contre ces perceptions et la discrimination qu'elles impliquent avec des stratégies anti-racistes. La question est alors de savoir quelles sont ces stratégies et si elles sont bonnes.

3ème phrase:
"L’essentiel n’est pas de trancher entre les thèses des communautariens et celles des libéraux, mais d’être conscient des possibles dérives du discours sur le droit à la différence quand celui-ci ne sert qu’à masquer un banal racisme."

Deux types de stratégies co-existent.

D'un côté on trouve des stratégies qui sont plutôt celles des radicaux et des libéraux même si ce n'est pas exclusif. Elles visent à rappeler que les individus sont des individus avant d'être membres de groupes, et que dans ce sens ils sont tous sujets de droit et détenteurs de libertés fondamentales et qu'on ne peut considérer et discriminer une personne sur la base de son appartenance catégorielle, mais qu'on doit la juger individuellement sur ses actes personnels (par exemple on n'exclut pas tous les Roms sous prétexte qu'un d'entre eux à volé, comme il est évident qu'on n'empêche pas de circuler tous les automobilistes le samedi soir sous prétexte que quelques uns roulent sous l'emprise de l'alcool).

Chacun à droit à sa différence individuelle qu'elle soit culturelle, religieuse, de mode de vie, ou basée sur un contenu quel qu'il soit. Chacun a droit dans sa vie privée à ne pas subir la différence des autres comme une norme imposée, fusse-t-elle même celle des nationaux. Traiter l'autre différement sur cette base n'est pas acceptable. Implémenter dans l'ordre juridique des règles qui permettraient de traiter les individus différemment sur les appartenances catégorielles n'est pas acceptable.

Dans cette conception, l'élément d'identité national ne peut non plus envahir le domaine public en imposant à tous des valeurs traditionnelles nationales au-delà de la vie privée des identitaires concernés. Dans cette conception il en va de même de toute identité de groupe.

De l'autre côté, on trouve des stratégies qui sont plutôt socialistes. Il s'agit d'encenser ces mêmes différences, non pas en tant que droit à la différence dans le privé, mais en tant que symbole identitaire au même titre que l'est l'identité nationale, et qui vient précisément s'opposer à cette dernière. Il s'agit de dire que la différence de l'autre, n'est pas simplement un droit à la différence, mais qu'elle enrichit aussi l'identié nationale. Il s'agit d'imposer au national qui n'en veut pas des éléments identitaires qui lui sont étrangers. C'est une conception qui vise à laisser le champ social et le domaine public être envahi par les différentes identités, chacun pouvant envahir l'espace avec sa différence, notamment culturelle ou religieuse.

Cette conception implique que l'état doive créer des aménagements liés aux spécificités de certains, accepte donc de renoncer à la neutralité de l'état. Cette conception, et donc que ceux-là puissent imposer aux autres un empiètement sur leur rapport à l'état et in fine sur leur vie privée.

Ceci conduit par exemple à accepter des horaires de piscine distincts pour les hommes ou les femmes de façon à ce que les femmes musulmanes puissent aller à la piscine.

C'est ce second type de stratégie anti-raciste que Charly Schwarz invite à questionner, parce qu'elles conduisent inéluctablement vers une situation comunautarisme qui à terme imppliquera que tous traiterons les autres sur la base de leur appartenance catégorielle et qui généralisera alors la discrimination dans les deux sens comme des distorsions graves dans l'activité de l'état au profit des uns et au détriment des autres.

Il ne s'agit pas pour Charly de trancher entre les deux, mais d'être attentif au fait que ce second type de stratégie, peut conduire à une dérive dangereuse, précisément celle qu'on voulait éviter: la discrimination entre les groupes, celle-ci devenant généralisée dans les deux sens, ce qui est pire que le mal.

Tu me corrigeras si j'ai mal lu Charly, mais on concèdera à tes lecteurs que ce n'est pas facile de choisir parmi les possibles derrière tes sous-entendus. J'ai fait le choix qui me semblait le plus raisonnable.

Par contre, tes lecteurs te concèderont, j'espère, que c'est habile de dire tout ça (ou quelque chose qui y ressemble) en trois phrases.

Signé: un ami libéral.

Écrit par : mais tou à fait | 05/10/2011

@mais tou à fait. Bonne interprétation que j’affinerai dans un prochain billet, merci.
Je concède à mes quelques lecteurs qu’il n’est pas facile d’interpréter mes réflexions, toutefois mes expériences m’ont appris à être concis dans mes propos, afin d’avoir en un minimum de signes les plus d’informations possibles.

Écrit par : Charly Schwarz | 05/10/2011

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