06/11/2012

"Les emplois en Suisse sont-ils vraiment menacés ?" Et si une solution est "entreprendre autrement"

Aujourd’hui « Entreprendre autrement » n’est plus cantonné à des niches dues à quelques défaillances du marché ou du secteur public, mais bien l’expression d’une alternative :
 
 
> une alternative à la dépersonnalisation de l’échange marchand qui tend à générer l’envahissement de la sphère économique par le capitalisme financier, au dépérissement des formes d’économie artisanale pour lesquelles l’échange marchand était aussi support de lien social,

 
> une alternative contre l’anonymat bureaucratique du secteur public : oubli du sujet, approche verticalisée et segmentée des besoins, obstacles à une prise en compte transversale et pluridisciplinaire des situations.

 
Entreprendre autrement porte un nom, celui de  l’économie sociale et solidaire (ESS).
 
Elle intervint aussi bien dans un cadre réglementaire de délégation de service public ou dans une logique de marché
 
Elle peut partir de micro initiatives ou s’inscrire dans des logiques de développement social.
 
Elle peut aussi prendre la forme de mutualisation de risques ou de moyens, elle a aussi des liens avec les logiques d’insertion des publics en difficultés.
 
Trois dimensions majeures permettent de construire les référentiels :
> le rapport aux usagers (soucis de participation, de consultation dans la prise de décision),
> le rapport au marché (lucrativité limitée, services aux personnes),
> le rapport au politique (nouvelles politiques publiques, innovations sociales).
 
 
Qu’elle se pense comme alternative ou complémentaire, l’économie sociale et solidaire se pense bien comme une économie.

08:52 Écrit par Charly Schwarz dans Commerce, Développement durable, Economie, Formation, Général, Genève, Politique, Solidarité, Suisse | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook

Commentaires

Au troisième trimestre, les réserves officielles de la Banque nationale suisse ont augmenté de quelque 70 milliards de francs. Le bond est spectaculaire même s’il est inférieur, presque de moitié, à celui qui avait marqué le deuxième trimestre (128 milliards). Car il porte la progression des réserves de la BNS à plus de 181 milliards sur un an (+54%), et en rapproche ainsi le total (492 milliards à fin septembre) de l’équivalent du produit intérieur brut d’une année entière, lequel atteindra probablement 600 milliards pour 2012. Peu de pays connaissent pareille dilatation de leurs réserves officielles, et la Suisse est sans doute aujourd’hui celui qui en détient le plus en proportion de son PIB.


Trois fois supérieure à ce que le FMI considère comme une valeur «optimale» (30%), cette proportion résulte comme on sait de la fixation par la BNS d’un cours plancher du franc par rapport à l’euro, qui l’a obligée à certaines reprises, et notamment le printemps dernier, à des interventions massives sur le marché des changes. Mais contrairement à ce qu’on pourrait penser, les réserves de devises de notre Institut d’émission ne sont pas, ou plutôt ne sont plus, majoritairement composées d’euros. Elles l’ont été, à plus de 70%, vers le milieu de 2010, et sont redescendues depuis à moins de 50%. On retrouve ainsi la part qui était la leur juste avant la crise.

Ces variations ne sont pas l’effet du hasard. Elles s’expliquent par une gestion des devises visiblement devenue beaucoup plus active. Après chaque épisode d’intervention massive, on devine la volonté de la BNS de réduire ses positions, et si possible de les diversifier, comme cela est ressorti de manière particulièrement frappante au cours du troisième trimestre, puisque les placements en euros ont diminué alors de l’équivalent de près de 9 milliards de francs pendant que le total des placements de devises augmentait de 64 milliards, du fait surtout des avoirs en dollars (+50% à 118 milliards) et en livres sterling (+140% à 29 milliards). Autre changement d’importance, la BNS accroît sensiblement ses placements sous forme de titres (créances et participations) d’émetteurs étrangers, au point que ceux-ci représentent désormais les quatre cinquièmes de ses réserves de devises.

On a pu, comme Standard & Poor’s en septembre dernier, laisser entendre que la BNS influençait ainsi le marché de la dette européen, en accumulant jusqu’à 50% des obligations émises par les «bons» débiteurs souverains (Allemagne, France, Finlande, etc.) et en contribuant de la sorte à faire baisser les taux auxquels ces Etats pouvaient emprunter. On pourrait aussi, en forçant le trait, suggérer que notre Banque nationale concourt, en vendant l’euro contre d’autres monnaies, à faire baisser son cours, et donc celui du franc, puisque celui-ci lui est irréductiblement lié par le taux plancher…

Écrit par : Corto | 06/11/2012

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