25/03/2013

Les forces du marché fétichisées


Les discours de la globalisation expriment la dépolitisation des choix économiques. Les institutions démocratiques sont dépossédées de leur capacité à légiférer, réglementer ou normer, au nom d’un principe de compétence réputé supérieur à la démocratie.

Cette dépossession repose sur les représentations d’une impuissance des institutions démocratiques face aux forces du marché.

Ces dernières perdent leur statut d’institution humaine pour s’affirmer comme une forme quasi divine aux arrêts sans appel. Ce faisant, les économistes nous proposent aussi une vision du droit.

On assiste à la fétichisation des manifestations de l’économie. Elle va de concert avec une réification des acteurs. L’espace de la discussion publique ne peut plus, dès lors, que s’organiser autour de deux pôles. Le premier, technique, est dévolu aux experts ; c’est celui de l’exégèse des lois naturelles de l’économie.

Le second est éthique ; c’est celui de la compassion que l’on éprouve face aux conséquences de ces lois.

Cette double polarité signe la fin de la politique.

Je ne reproche pas aux économistes de tenir un discours politique, mais de le faire sans en avoir conscience et sans en assumer les conséquences.

08:39 Écrit par Charly Schwarz dans Economie, Général, Genève, Médias, Monde, Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook

Commentaires

Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement Charly... Le problème est ailleurs. Aux temps des Lumières et de la règle des trois pouvoirs la dimension d'exercice était nationale, éventuellement coloniale, mais néanmoins nationale. Dès les trois pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire pouvaient imposer leur volonté à l'économie et à la finance, bref l'argent, le vrai 4ème pouvoir.
Cela fait maintenant un paquet d'années que cela n'est plus le cas, parce que les marchés sont mondiaux, que la dimension d'exercice est planétaire, que c'est très certainement un progrès pour l'humanité et que cela ne s'arrêtera plus. Sauf par une guerre sans merci qui n'a rien de souhaitable.
La perte de pouvoir du politique devant l'économie n'a cependant rien d'irremédiable. Il suffit de monter d'un cran, et d'instaurer des pouvoirs à l'échelle planétaire en matière législative, exécutive et judiciaire. Juste le conraire de ce à quoi l'on assiste avec le déferlement de bêtise nationaliste et protectionniste. Ou de préférence cantonale... Pour que le politique puisse agir à la bonne échelle qui d'évidence est aujourd'hui mondiale.

Écrit par : Philippe Souaille | 26/03/2013

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