29/01/2010

De la Liberté…

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La tradition républicaine rejoint l’opposition au libéralisme sur un point majeur : la conception de la liberté. Du côté libéral, lsaiah Berlin, a codifié, il y a un demi-siècle, une conception de la liberté qui est un peu le vade-mecum du libéralisme. Berlin distingue deux sortes de liberté : la liberté négative qui est définie comme l’absence d’interférences, la liberté positive qui est la maîtrise de soi.

Cette distinction recoupe à peu près celle de la liberté des Anciens et des Modernes de Benjamin Constant.

Pour Constant, on est passé de la liberté des Anciens, qui est in fine celle de se gouverner soi-même, à celle des Modernes qui consiste à ne pas subir de contraintes. Or cette distinction peut-être réductrice.

Il existe une troisième façon de comprendre la liberté et ses exigences institutionnelles. C’est la conception républicaine. Elle consiste en une absence de domination.

Cette tradition est celle de Montesquieu, Tocqueville et Rousseau. Mais en général, si la tradition républicaine insiste sur la participation au pouvoir, c’est pour éviter l’écueil de l’interférence.

Pour Michael Walzer « On nesaurait former une société d’individus libres au sens libéral du mot sans mettre en place un processus de socialisation, une culture prônant l’individualité, et un régime politique soutenant ces valeurs, dont les citoyens soient prêts à se mobiliser pour elle ».

En d’autres termes, cette société représenterait pour la plupart de ses membres une association involontaire.

Cela signifie que la liberté libérale n’est pas neutre et oblige les individus à rentrer dans un format qu’ils peuvent légitimement récuser.

La limite de la conception libérale de la liberté est qu’elle absolutise cette liberté au mépris d’une réelle liberté de choix.

Pense que l’absolutisation de la liberté peut être un déni d’autres valeurs humaines et de la liberté de les défendre.

La position républicaine sur la liberté est critiquée par le libéralisme et s’est conceptualisée en deux étapes.

Tout d’abord. Il s’agit de dire que les républicains ne portent pas tant leur attention sur la liberté que sur les moyens le la préserver, pas tant sur les empêchements réels qu’elle peut subir que sur les risques potentiels de restriction. Dans un deuxième temps, il s’agit de montrer que la conception républicaine est tout simplement fausse : la question est de savoir si la loi prévoit des restrictions à la liberté ou non.

Il ne s’agit pas tant de savoir qui la fait et comment, mais ce qu’elle prévoit. L’objection est de taille !

Les républicains sont plus directement attentifs aux garanties des conditions de la liberté qu’à la nature plus ou moins coercitive des mesures prises par la loi.

Du côté libéral, seul le résultat compte, tandis que pour les républicains, le processus qui le garantit est privilégié.

C’est parce que le républicain prend la liberté au sérieux qu’il refuse le seul discours des droits du libéralisme.

C’est parce que ce discours des droits, récusant toute contrainte, supprime toute garantie à la préservation des conditions de la liberté, que la position républicaine prône de garantir d’abord la liberté de l’État, condition de la liberté des individus.

L’autonomie sans lien avec une conception du bien n’est rien d’autre qu’une facette de l’individualisme libéral du « je fais ce que je veux ».

Il constitue un bien partagé qu’en terme négatif.

L’autonomie peut être une valeur sociale si elle s’appuie sur une conception de l’homme cristallisée autour de certaines valeurs et qu’elle apparaît soit comme une de ces valeurs, soit comme un moyen d’atteindre les valeurs recherchées.

A défaut, l’autonomie sera au mieux un moyen permettant l’accomplissement des valeurs que je porte individuellement, au pire une valeur supérieure engageant à l’individualisme et à l’égoïsme, mais en aucun cas une valeur partagée sur laquelle nous puissions fonder nos décisions communes.

06:39 Écrit par Charly Schwarz dans Général, Genève, Histoire, Lettres, Médias, Monde, Suisse, Vaud | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : liberté | |  Facebook

21/01/2010

Les conceptions de la Liberté (4)

La conpection républicaine de la liberté voit le contrôle démocratique comme un moyen de la liberté, même s’il existe une dérive populiste visant à stipuler que la liberté ne consiste en rien d’autre qu’en l’autonomie.

Le point crucial de la conception républicaine de la liberté est que la non domination protège des interférences imputables à des pouvoirs arbitraires.

Selon Philip Pettit, la supériorité de la conception républicaine de la liberté réside dans le fait que la participation démocratique est particulièrement revendiquée pour que puissent être, justement, évités les maux associés à l’interférence.

09:10 Écrit par Charly Schwarz dans Général, Genève, Médias, Politique, Suisse, Vaud | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : liberté, république | |  Facebook

12/01/2010

Les conceptions de la Liberté (2)

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Pour Michael Walzer « On ne saurait former une société d’individus libres au sens libéral du mot sans mettre en place un processus de socialisation, une culture prônant l’individualité, et un régime politique soutenant ces valeurs, dont les citoyens soient prêts à se mobiliser pour elle ».

En d’autres termes, cette société représenterait pour la plupart de ses membres une association involontaire.

Cela signifie que la liberté libérale n’est pas neutre et oblige les individus à rentrer dans un format qu’ils peuvent légitimement récuser.

La limite de la conception libérale de la liberté est qu’elle absolutise cette liberté au mépris d’une réelle liberté de choix.

L’absolutisation de la liberté peut être un déni d’autres valeurs humaines et de la liberté de les défendre.

08:08 Écrit par Charly Schwarz dans Général, Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : liberté | |  Facebook

11/01/2010

Les conceptions de la Liberté (1)

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La tradition républicaine rejoint l’opposition au libéralisme sur un point majeur : la conception de la liberté.

Du côté libéral, lsaiah Berlin, a codifié, il y a un demi-siècle, une conception de la liberté qui est un peu le vade-mecum du libéralisme. Berlin distingue deux sortes de liberté : la liberté négative qui est définie comme l’absence d’interférences, la liberté positive qui est la maîtrise de soi.

Cette distinction recoupe à peu près celle de la liberté des Anciens et des Modernes de Benjamin Constant.

Pour Constant, on est passé de la liberté des Anciens, qui est in fine celle de se gouverner soi-même, à celle des Modernes qui consiste à ne pas subir de contraintes. Or cette distinction peut-être réductrice.

Il existe une troisième façon de comprendre la liberté et ses exigences institutionnelles. C’est la conception républicaine. Elle consiste en une absence de domination.

Cette tradition est celle de Montesquieu, Tocqueville et Rousseau. Mais en général, si la tradition républicaine insiste sur la participation au pouvoir, c’est pour éviter l’écueil de l’interférence.

08:49 Écrit par Charly Schwarz dans Culture, Général, Genève, Histoire, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : liberté, république | |  Facebook

27/12/2009

C’est quoi le « bien commun » ?

Percevoir le bien commun n’est pas une activité théorique. Il s’agit d’une activité pratique qui se heurte à trois écueils principaux :

-      l’incapacité de nous détacher de nos désirs et de porter un jugement  à leur sujet,

-      l’absence d’une connaissance suffisante de soi-même,

-      l’incapacité de reconnaître la nature de notre dépendance vis-à-vis des autres.

Les attitudes de respect et la reconnaissance de notre dépendance sont des attitudes politiques.

Mais comprendre le bien commun est une entreprise aussi périlleuse qu’indispensable.

Indispensable, car s’il est la clef du politique, il faut alors le définir.

Périlleuse, car aucun concept n’est apparemment plus simple à cerner et en fait plus compliqué à appréhender.

Le bien commun est une notion bien plus complexe que celle de liberté, au sens libéral du terme.

Expliquer la fin du politique en termes de garantie de la liberté individuelle est beaucoup plus simple et concret. La fin du politique, pour les libéraux, est la garantie des droits individuels, principalement de la liberté, égale pour tous : chacun doit pouvoir réaliser ses désirs, à condition tout de même qu’il en soit capable, sans interférence.

La fin du politique, dans un sens aristotélicien, n’est pas affaire de satisfaction des désirs individuels, mais de réalisation d’un bien commun à tous.

Or, définir ce qu’est un bien est plus difficile que de rendre compte de ses désirs.

09:43 Écrit par Charly Schwarz | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : politique, bien commun, liberté, libéral | |  Facebook

26/12/2009

Port du voile à l’école

Comment faire la part, entre la légitime adhésion à un précepte religieux et à une coutume culturelle qui peut être à la fois une démarche personnelle et un souci d’identité dans un monde monochrome, et la part d’intimidation et de contrainte dans l’attitude des familles de ces jeunes filles ?

Le compromis qui consiste à accepter le port de ce signe distinctif est acceptable, mais doit être renégocié lorsqu’il apparaît qu’il est le paravent d’actions manifestement contraires à la protection de la liberté des personnes.

09:47 Écrit par Charly Schwarz | Lien permanent | Commentaires (49) | Tags : religion, voile, liberté | |  Facebook